Sur quoi repose l’attirance des femmes pour les hommes ? Quelle place occupe l’apparence physique de ces derniers dans les jeux de séduction hétérosexuels ? C’est pour répondre à ces questions, grandes absentes de la recherche en sciences sociales, que l’anthropologue Morgane Tocco a réalisé sa thèse. Spécialiste des questions de genre et des masculinités, elle a interrogé durant trois ans plus de 80 femmes, de 18 à 85 ans, sur la manière dont elles observent et désirent le corps des hommes, dans l’espace public comme dans l’intimité. Elle en a tiré Moi aussi, je te regarde, paru le 26 février, aux Editions du détour (224 pages, 20,90 euros).
Le principal constat de votre enquête, c’est que les hommes et les femmes ne se regardent pas de la même manière. Qu’entendez-vous par là ?
Il est important de préciser qu’il n’y a pas un, mais des regards de femmes sur les hommes, parfois contradictoires d’une personne à l’autre, d’un âge à l’autre. Le point commun, c’est que pratiquement toutes les femmes que j’ai interrogées sont conscientes d’être, elles-mêmes, objets de regards et de désirs masculins. Dans notre société, femmes et hommes ne sont pas éduqués de la même manière, et cela influence les perceptions. Le corps des femmes incarne la beauté, elles prennent beaucoup plus soin d’elles, et la société de consommation les y encourage.
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