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Livre. Depuis plus de trente ans, Thierry Oberlé, ancien grand reporter au Figaro, arpente le Maroc sur des routes qui mènent, « tant la centralité du pouvoir est puissante, vers le makhzen, l’administration royale, et les brillantes élites de Rabat et de Casablanca », écrit-il dès les premières pages de Mohammed VI. Le mystère (Flammarion, 336 pages, 22 euros). Car tout un système s’est structuré autour du souverain exécutif, dont le journaliste s’attelle à brosser le portrait. Mais la tâche n’est pas facile tant Mohammed VI fuit la lumière médiatique, lui qui a grandi dans l’ombre d’un père à la personnalité écrasante, Hassan II (1929-1999).

Pour lever une part de ce mystère, Thierry Oberlé procède comme dans un puzzle, agençant les pièces l’une après l’autre, au fil de chapitres concis et documentés. L’art du puzzle exige un peu de patience avant que ne se précise l’image de ce roi monté sur le trône en 1999, à 36 ans, à qui l’on a prêté des velléités modernisatrices.

Alors qu’Hassan II se souciait peu de l’égalité hommes-femmes, le prince héritier fait preuve de volontarisme et présente, en 2004, un nouveau code de la famille, marqué par la disparition de la règle de l’obéissance de l’épouse à son mari et le passage de l’âge légal du mariage de 15 à 18 ans. Mais certaines inégalités sont maintenues, le roi ne semblant pas disposé à mener une réforme plus profonde.

Investissements très lucratifs

Lorsque surgit le mouvement du 20 février 2011, qui appelle notamment à la limitation des prérogatives royales, le monarque engage une révision de la Constitution, brisant ainsi la dynamique protestataire sans renoncer à l’essentiel de ses pouvoirs. Un autre hiatus transparaît dans l’ouvrage. Surnommé le « roi des pauvres » pour s’être souvent porté à la hauteur des Marocains de la rue, Mohammed VI a fait fructifier son patrimoine au point de jouir d’une fortune estimée aujourd’hui à près de 6 milliards de dollars (5,2 milliards d’euros).

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