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Le narcotrafiquant Mohamed Amra, en fuite depuis son évasion sanglante en mai 2024 et arrêté samedi en Roumanie après neuf mois de cavale dans le cadre d’un mandat d’arrêt européen, a été mis en examen mardi 25 février au soir à Paris après son retour en France, a fait savoir le parquet de Paris.

Le multirécidiviste âgé de 30 ans a été mis en examen pour meurtres, tentative de meurtres, évasion, vol et recel de vol, le tout en bande organisée, ainsi que pour association de malfaiteurs, a détaillé le parquet, précisant qu’il avait gardé le silence devant le juge d’instruction. Il est désormais présenté à un juge des libertés et de la détention qui doit statuer sur son placement en détention provisoire.

Le narcotrafiquant avait atterri en France à l’aéroport de Vélizy-Villacoublay (Yvelines), mardi peu avant 18 h 30, a fait savoir une source proche du dossier à l’Agence France-Presse (AFP). En parallèle, les autorités continuent d’interroger 24 suspects en garde à vue mardi soir dans le cadre de l’enquête sur son évasion.

Lire le récit | Article réservé à nos abonnés L’arrestation de Mohamed Amra en Roumanie, une traque de neuf mois qui a révélé la puissance du narcotrafic en France

Surnommé « la Mouche », Mohamed Amra a été escorté en fin d’après-midi mardi à l’aéroport de Bucarest par un convoi des forces spéciales de la police roumaine et a traversé le hall, un large sourire aux lèvres, les menottes au poignet. Le GIGN, l’unité d’élite de la gendarmerie française, a pris le relais dans l’avion pour le ramener en France. L’homme avait accepté dimanche son renvoi en France avant de contester en vain sa détention. « Comme il conteste sa culpabilité » et qu’il « est victime d’une erreur judiciaire », « nous avons fait appel pour qu’il soit libéré », avait déclaré son avocate, Maria Marcu, avant son renvoi de Roumanie.

Opérations de chirurgie esthétique programmées

« Nous sommes tout à fait confiants dans l’idée que Mohamed Amra pourra être remis dans les jours prochains », avait assuré mardi matin la procureure de Paris, Laure Beccuau, sur Franceinfo. Sa remise aux autorités « se fera sous les conditions de sécurité les plus hautes, les plus renforcées », avait encore déclaré la procureure, tout en insistant sur l’importance du « secret » dans cette enquête de la juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée.

« Gérald Darmanin a demandé que Mohamed Amra soit placé dans un quartier d’isolement, dans un établissement pénitentiaire présentant un très haut niveau de sécurité », a souligné de son côté l’entourage du ministre de la justice, mardi soir, sans préciser où sera détenu le narcotrafiquant.

Mohamed Amra a été arrêté samedi en Roumanie, où il vivait avec de faux papiers depuis le 8 février, après avoir été installé par des complices dans un appartement de la banlieue de Bucarest, selon la police roumaine. Il attendait de subir des opérations de chirurgie esthétique avant de fuir en Colombie, selon les autorités roumaines. Il avait été détenu sous haute sécurité dans l’attente de son renvoi vers la France.

Des membres du commando peut-être en garde à vue

Son évasion datait du 14 mai 2024, lorsque le détenu avait été extrait de sa cellule en Normandie pour être amené à un juge d’instruction qui devait l’interroger. Un commando en avait alors attaqué le convoi, tuant deux agents pénitentiaires et en blessant trois autres.

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Trois jours après son arrestation en Roumanie, 24 gardes à vue étaient toujours en cours mardi soir. Deux Français ont été arrêtés au Maroc et un autre homme en Espagne. « Un certain nombre de membres du commando pourraient se trouver au sein de ces gardes à vue », a estimé Mme Beccuau. Selon elle, « dans son environnement, il y a effectivement un certain nombre de personnes qui peuvent appartenir » à la « Black Mafia Family », une organisation criminelle spécialisée dans le trafic de stupéfiants, « dont l’activité mérite d’être creusée ».

Preuve du caractère hors norme de l’enquête sur l’évasion de Mohamme Amra : tout au long de sa cavale, « 100 à 150 » enquêteurs de la police judiciaire ont travaillé au quotidien sur ce dossier devenu symbole de l’emprise du narcotrafic en France, a rappelé lundi Christian Sainte, le patron de la police judiciaire.

Le Monde avec AFP

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