Mistral AI a pour la première fois levé de la dette, à hauteur de 830 millions d’euros. La start-up française d’intelligence artificielle (IA) a expliqué, lundi 30 mars, avoir rassemblé ces fonds auprès d’un consortium de sept banques, afin de financer son projet de data center à Bruyères-le-Chatel, dans l’Essonne. Fondée en 2023, la jeune entreprise a annoncé en 2025 vouloir se doter d’infrastructures de calcul propres, annonçant un site en France et un autre en Suède. La société, dont le directeur général est Arthur Mensch, prévoit d’y investir jusqu’à 4 milliards d’euros, selon le Financial Times.
De prime abord, un tel emprunt peut paraître lourd à porter pour une jeune pousse qui n’a levé jusqu’ici « que » 2,7 milliards d’euros. Les revenus de Mistral AI sont en très forte croissance – 350 millions de dollars (305 millions d’euros) environ aujourd’hui en rythme de revenu annuel récurrent et a priori autour de 870 millions d’euros fin 2026, selon M. Mensch, cité par le Financial Times – mais elle reste, comme la plupart des start-ups d’IA générative, déficitaire.
Toutefois, ce genre d’infrastructure produit une activité prévisible propice à ce type de financement, selon l’entreprise, qui espère par exemple générer deux milliards d’euros de chiffre d’affaires de son data center en Suède. Par ailleurs, le prêt est aussi contracté sur un actif censé conserver une valeur à terme : des puces Nvidia dernier cri utilisées par toutes les sociétés pour réaliser les calculs informatiques nécessaires à l’entraînement initial de leurs modèles d’IA puis à leur fonctionnement – 13 800 puces Grace-Blackwell à Bruyères-le-Chatel, soit 44 mégawatts (MW) de puissance électrique.
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