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Médicaments antiobésité : une hausse des risques liés aux mésusages

Faut-il s’inquiéter des risques d’effets indésirables potentiellement graves, comme des pancréatites ou des carences nutritionnelles sévères, chez les personnes traitées par un analogue du GLP-1 ? Ces médicaments innovants, commercialisés sous les noms d’Ozempic, de Wegovy, de Mounjaro…, ont d’abord été développés contre le diabète de type 2. Depuis quelques années, ils rencontrent un succès grandissant chez celles et ceux qui veulent perdre du poids. D’autant qu’en France leur prescription, initialement réservée aux médecins spécialistes, a été étendue aux généralistes en juin 2025.

Lire l’enquête (2024) | Article réservé à nos abonnés Les traitements de l’obésité vivent une révolution

Dans le pays, environ 870 000 patients prennent un de ces médicaments injectables dans le traitement du diabète, note l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Et plus de 100 000 personnes dans le traitement de l’obésité. Parmi eux, 50 000 sont traitées par le Mounjaro (Eli Lilly) et 55 000 par le Wegovy (Novo Nordisk), d’après les données de fin 2025, communiquées par les deux laboratoires qui commercialisent ces produits. Au cours de la seule année 2025, les ventes du Wegovy, en France, ont été multipliées par cinq, rapporte l’Agence de presse médicale.

Le 30 janvier, la revue British Medical Journal (BMJ) publiait une mise en garde à propos de décès rapportés dus à une pancréatite aiguë, une inflammation du pancréas. Entre 2007 et octobre 2025, l’Agence de réglementation britannique des médicaments et des produits de santé (MHRA) disait avoir reçu 1 296 signalements de pancréatites – dont 19 ayant entraîné le décès – chez des personnes qui prenaient un analogue du GLP-1 (ou un médicament mimant le double effet du GLP-1 et du GIP, ou « peptide insulinotrope dépendant du glucose »). La survenue d’une douleur abdominale intense et persistante, souvent irradiante dans le dos, accompagnée de nausées et de vomissements, doit être un signe d’alerte.

« Les pancréatites aiguës sont un effet indésirable grave connu avec les analogues du GLP-1 ; et mentionné comme “peu fréquent” dans les notices de ces médicaments », relève Jean-Luc Faillie, responsable du centre de pharmacovigilance de Montpellier. Depuis plus de quinze ans d’utilisation, « des centaines de cas de pancréatite aiguë ont été rapportés en France, dont certains avec issue fatale ». Les données de pharmacovigilance, cependant, permettent d’identifier des associations potentielles et non d’établir un lien de causalité ni de quantifier le risque, souligne-t-il.

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