Marine Tondelier, candidate à la présidentielle de 2027, annonce être enceinte de trois mois, « un bébé miracle » après un arrêt naturel de grossesse et un parcours de PMA infructueux, dans une interview au magazine Elle publiée lundi 30 mars.
« Je traverse une période contrastée. Difficile sur le plan politique, mais très heureuse sur le plan personnel, puisque j’attends un enfant, une nouvelle qui me remplit de joie, même si elle m’a prise au dépourvu », explique la patronne des Ecologistes, déjà mère d’un garçon de 7 ans. « Une campagne enceinte, c’était sportif », confie-t-elle, après les élections municipales. « J’ai souvent pensé aux femmes enceintes qui travaillent de nuit ou qui ont des métiers pénibles, qui élèvent seules des enfants en bas âge, etc. Oui, c’était intense, mais je suis loin d’être la première ou la dernière », pointe-t-elle. « C’est aussi un soulagement d’annoncer ma grossesse aujourd’hui. Depuis janvier, j’avais l’impression de mener une double vie. »
La candidate des Ecologistes pour la primaire de la gauche a par la suite déclaré sur X : « Une campagne présidentielle enceinte, puis avec un nourrisson, ça n’est à ma connaissance pas beaucoup arrivé dans l’histoire politique française et même à l’étranger. » « Cela soulève forcément beaucoup de questions et s’annonce comme un défi, j’en ai conscience. »
Dans les pages du magazine Elle, la responsable politique de 39 ans développe le long parcours qui a précédé cette grossesse. Elle confie être d’abord tombée enceinte une première fois, après avoir été élue secrétaire nationale des Verts en 2022, mais avoir « fait une fausse couche » au bout de quelques semaines. « Je ne m’y attendais pas du tout et ça a été un moment très violent, dont je n’ai quasiment parlé à personne ». « Une grossesse sur cinq se termine comme cela, et une femme sur trois vit cette douleur au moins une fois dans sa vie », souligne-t-elle.
« Il faut sensibiliser la population au don de gamètes »
Quelques mois plus tard, elle et son conjoint sont entrés dans un parcours de procréation médicalement assistée.
« Nous avons, comme beaucoup, accumulé les échecs en PMA, et on nous a proposé la FIV. J’ai commencé le traitement dans la semaine suivant la dissolution de 2024 et je suis à nouveau tombée enceinte. Mais j’ai eu le choc d’apprendre à la première échographie que la grossesse n’irait pas au bout. J’ai vécu des semaines très difficiles. » Après plusieurs échecs, le couple a « fini par mettre le projet en pause. Et puis, quelques mois plus tard, je suis tombée enceinte (…). Un “bébé miracle”, comme on dit », confie-t-elle.
« Quand j’ai fait mon échographie de datation, on m’a dit que la conception avait eu lieu le 25 décembre, ça ne s’invente pas ! [Rires.] Cela signifie qu’il y a de l’espoir pour toutes les personnes confrontées à l’échec, et je veux leur dire : vous n’êtes pas seules », lance-t-elle.
Interrogée sur ce qu’il faudrait améliorer en matière de PMA, Marine Tondelier se prononce pour la possibilité d’analyser les embryons en amont de l’insémination (le diagnostic préimplantatoire des aneuploïdies, ou DPIA), dans « un cadre bien défini », comme cela se fait « dans beaucoup d’autres pays européens » comme la Belgique et l’Espagne. Une pratique interdite en France. « Cela permettrait d’éviter une forme d’acharnement à implanter des embryons non viables », déclare-t-elle, rappelant qu’une grande partie des cas d’infertilité est due à des anomalies de l’embryon qui sont souvent chromosomiques. « C’est très courant, surtout avec l’âge. C’était vraisemblablement notre cas. »
Marine Tondelier estime aussi « qu’il faut aussi sensibiliser la population au don de gamètes. Beaucoup de couples ou de femmes seules en ont besoin, et la pénurie rallonge les délais de manière assez fatidique, avec encore plus de difficulté pour les personnes racisées ».
« J’ai été assez choquée – comme beaucoup de personnes concernées par les parcours de PMA – par les propos culpabilisants du président de la République sur le réarmement démographique du pays », fustige-t-elle enfin, tout en dénonçant les causes environnementales dans la baisse de la fertilité.













