Un membre des forces de l’ordre a été tué dans l’ouest de l’Iran dans la nuit du mercredi 31 décembre au jeudi 1er janvier, a annoncé la télévision d’Etat, après quatre jours de rassemblements contre la vie chère dans plusieurs villes du pays.
« Un membre du Bassidj de la ville de Kouhdasht, âgé de 21 ans, a été tué cette nuit par des émeutiers alors qu’il défendait l’ordre public », a déclaré la télévision, citant le vice-gouverneur de la province du Lorestan (Ouest), Saïd Pourali. Il s’agit de la première victime officiellement recensée depuis le début, dimanche, de ces rassemblements initialement pacifiques à Téhéran, qui se sont étendus à d’autres villes et aux universités.
Les forces du Bassidj sont des milices de volontaires islamistes, affiliées aux gardiens de la révolution, l’armée idéologique de la République islamique. « Lors des manifestations à Kouhdasht, 13 policiers et membres du Bassidj ont été blessés par des jets de pierres », a ajouté M. Pourali.
Quasi-totalité du pays mise en congés par les autorités
Cette ville de près de 90 000 habitants est située à 550 kilomètres de la capitale, où une mobilisation contre la vie chère et le marasme économique a débuté dimanche à l’initiative des commerçants. Le mouvement s’est propagé mardi à au moins dix universités du pays et à d’autres villes, où des incidents ont été rapportés par les autorités.
Mercredi, un bâtiment gouvernemental a été attaqué dans le sud de l’Iran, à Fassa, alors que la quasi-totalité du pays avait été mise en congés, sur décision des autorités, qui n’ont fait officiellement aucun lien avec les manifestations, invoquant le froid et des économies d’énergie. L’Iran est au début d’un week-end prolongé qui s’achèvera dimanche.
Le procureur général de la République islamique, Mohammad Movahedi-Azad, a assuré comprendre mercredi la tenue de « manifestations pacifiques » de personnes dénonçant le coût de la vie. Mais « toute tentative » visant à les transformer « en un outil d’insécurité, de destruction des biens publics ou de mise en œuvre de scénarios conçus à l’étranger sera inévitablement suivie d’une réponse (…) ferme », a mis en garde ce responsable, cité par la télévision d’Etat.
Produits de première nécessité inabordables
Mercredi soir, l’agence de presse Tasnim a fait état de l’arrestation de sept personnes décrites comme affiliées aux « groupes hostiles à la République islamique établis aux Etats-Unis et en Europe », accusant ces personnes d’avoir pour « mission de transformer en violence les manifestations » dans le pays. L’agence n’a pas précisé quand ni où ces arrestations se sont produites.
La monnaie nationale, le rial, a perdu, depuis un an, plus d’un tiers de sa valeur face au dollar tandis qu’une hyperinflation à deux chiffres fragilise déjà depuis des années le pouvoir d’achat des Iraniens. Certains produits de première nécessité deviennent, de fait, inabordables pour une partie de la population, qui pâtit des sanctions internationales contre l’Iran depuis quatre décennies.
Le mouvement de protestation contre la vie chère est, à ce stade, sans commune mesure avec celui qui avait secoué l’Iran à la fin de 2022, à la suite de la mort, en détention, de Mahsa Amini, une jeune Iranienne arrêtée pour avoir prétendument enfreint le code vestimentaire. Une vague de manifestations s’étaient ensuivies, dans laquelle plusieurs centaines de personnes avaient trouvé la mort, dont des dizaines de membres des forces de sécurité.










