Retraités pour la plupart, ils consacraient une part de leur temps libre à porter secours à des personnes âgées, cibles de mauvais traitements en Ehpad ou plus souvent victimes de violences physiques ou psychologiques à domicile. Mais leur engagement est devenu mission impossible. Depuis le 28 février, les quelque 600 bénévoles des 51 centres Alma (Allô Maltraitance), répartis dans 75 départements ne reçoivent plus de dossiers sur les cas locaux de maltraitance. La quasi-totalité des situations, parfois dramatiques, qu’ils s’efforçaient de régler leur parvenait par le biais de la plateforme téléphonique nationale du 3977. Or, le numéro vert consacré aux maltraitances envers les personnes âgées et handicapées ne reçoit plus d’appels depuis la fin février.
La Fédération 3977, propriétaire du numéro, n’a pas été choisie par le ministère de la santé pour gérer la nouvelle plateforme téléphonique ouverte le 1er mars, au 3133, contre les maltraitances envers les adultes vulnérables. Le marché public a été confié à l’entreprise privée Qualisocial, spécialiste des risques psychosociaux et de la qualité de vie au travail.
Les centres Alma ne sont pas non plus destinataires des signalements de maltraitance générés par le 3133. Ils transitent de manière sécurisée via un système d’information baptisé Sirena, qui les envoie automatiquement aux agences régionales de santé (ARS), aux conseils départementaux ou aux services des préfectures, seuls compétents pour traiter ces réclamations. Les centres Alma ne sont pas raccordés à Sirena.
« Débordés par les signalements »
« Beaucoup de bénévoles sont mortifiés de ne plus pouvoir épargner à des personnes vulnérables des épreuves inextricables. Ils espèrent que le ministère intégrera les centres Alma dans le circuit intégré “3133 Sirena”. J’en doute ! », confie Elisabeth Lepresle, médecin anesthésiste à la retraite, vice-présidente du centre Alma à Paris. En juin 2025, l’antenne parisienne a déjà dû faire son deuil du suivi de certains dossiers lourds. La Ville de Paris, qui a ouvert sa propre cellule de lutte contre les maltraitances, souhaite traiter en direct les situations complexes. En 2025, Alma Paris a traité 460 situations de maltraitance, dont 80 % concernaient des personnes âgées à domicile. Il a transmis 99 dossiers aux services de la Ville.
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