Je suis patron marin pêcheur, j’ai 23 ans et je me verse peut-être 2 500 euros net par mois en moyenne. Je dis « peut-être », car, en réalité, je n’ai pas de salaire fixe : certains mois, je ne me paie pas du tout, et d’autres, je peux me verser jusqu’à 5 000 euros. Ce métier, c’est un peu la loterie : tout dépend de la pêche du jour et de ce qui se vend bien, selon les périodes.
Le gros de mon activité, c’est l’araignée de mer. On pêche aussi beaucoup de poissons du coin comme la raie, la sole, la dorade, le bar, la vieille… C’est ce que permet de rapporter mon bateau, un beau fileyeur caseyeur (pour pêcher au « filet » et au « casier »), que j’ai acheté en 2024 et qui m’a fait devenir le plus jeune patron marin pêcheur de Saint-Malo [Ille-et-Vilaine]. A cet instant, je vous parle de la passerelle de cette embarcation, baptisée Yec’hed mat (« A la tienne ! », en breton). Avec mes deux matelots, on est en mer depuis 4 heures ce matin. La routine…
Je viens d’une famille de marins pêcheurs. Quand j’étais petit, j’entendais les histoires de pêche de mes grands-pères, de mes oncles, qui étaient aussi armateurs. Ça me faisait rêver. En tout cas beaucoup plus que mon père, qui est un peu l’exception dans la famille en ayant fait le choix de ne pas embrasser le métier. Entrepreneur lui aussi, il était traiteur et tenait un restaurant. Il avait cependant un petit bateau de plaisance sur lequel j’aimais l’accompagner. Quant à ma mère, elle est orthoptiste.
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