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Histoires Web dimanche, mars 30
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Certains naissent avec tout. D’autres, avec rien. On ne saurait résumer plus trivialement l’inégalité fondamentale que représente l’héritage, mise en scène par The Economist du 27 février sur sa couverture : celle-ci représente une tétine en or trônant sur un oreiller grenat. L’hebdomadaire britannique libéral, que l’on peut difficilement soupçonner de gauchisme, estime que l’essor de la fortune héritée en Europe comme aux Etats-Unis « a des conséquences économiques et sociales alarmantes, car il met en péril non seulement l’idéal méritocratique, mais le capitalisme lui-même ».

Cela, poursuit The Economist, parce qu’il crée une classe de rentiers qui consacrent plus d’énergie à contourner l’impôt et à protéger leur patrimoine plutôt qu’à investir dans des activités productives. Parce qu’il génère une classe de non-privilégiés qui ne pourront jamais devenir propriétaires dans les grandes villes, dont les enfants vivront moins bien et qui, désemparés, finissent par se tourner vers les partis contestataires.

Rappelons les chiffres : en 2025, les habitants des économies avancées devraient hériter de près de 6 000 milliards de dollars (5 600 milliards d’euros), soit 10 % du produit intérieur brut des pays concernés, contre 5 % au milieu du XXe siècle. En France, la fortune héritée représente désormais 60 % du patrimoine total, contre 35 % au début des années 1970, selon le Conseil d’analyse économique. Les 50 % les plus pauvres détiennent moins de 5 % de l’ensemble du patrimoine, tandis que les 10 % les plus riches possèdent près de 80 % des actifs financiers et professionnels. Un niveau comparable à celui du XIXsiècle. Comment en est-on arrivé là ?

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