Le Conseil de la paix, voulu par Donald Trump, doit se réunir, jeudi 19 février, à Washington. On saura peut-être enfin à quoi il pourrait servir, à part à collecter les cotisations exorbitantes de ses membres, dont l’utilisation sera décidée, in fine, par une seule et unique personne, le président des Etats-Unis. Prévue initialement pour Gaza, la charte de ce conseil affiche désormais des ambitions aussi planétaires qu’incertaines. Il y aurait pourtant urgence à revenir à la mission première.
Lorsque le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, avait effectué, il y a un an, la première de ses cinq visites à la Maison Blanche depuis le retour au pouvoir de Donald Trump – auxquelles il faut ajouter deux rencontres en Floride –, il avait dit son ambition de « changer le visage du Moyen-Orient ». « Nos décisions et le courage de nos soldats ont redessiné la carte. Mais je crois qu’en travaillant étroitement avec le président Trump nous pouvons la redessiner encore plus loin et pour le meilleur », avait-il assuré.
Un an plus tard, cette nouvelle carte n’est pas seulement caractérisée par la quasi-disparition, sous les bombes fournies par les Etats-Unis, de l’« axe de la résistance » pro-iranien. Elle se distingue de ce qui existait auparavant par l’émergence, à l’initiative d’Israël, de zones au statut indéfinissable à la périphérie du pays, en particulier à Gaza.
A la veille des massacres du 7 octobre 2023, perpétrés par le Hamas, et de l’anéantissement sanglant de l’étroite bande de terre qui s’est ensuivi, Israël était toujours considéré par la majorité des juristes comme puissance occupante, en dépit de son retrait unilatéral de 2005. Depuis, le pays a ajouté à son contrôle à distance une occupation militaire effective, étendue sur plus de la moitié de ce territoire surpeuplé et désormais en ruine. Il serait hasardeux d’en pronostiquer la fin.
Un cessez-le-feu, célébré avec faste par Donald Trump, lors du sommet de Charm El-Cheikh, le 13 octobre 2025, y règne en théorie, contredit par la poursuite de frappes israéliennes ayant tué des centaines de Palestiniens depuis cette date. En dépit de l’arrêt officiel des combats, l’armée israélienne a prolongé l’interdiction d’accès à l’enclave visant la presse internationale. Ce huis clos sans précédent de la part d’un allié des Etats-Unis et des Européens a été accentué par la mise au ban, au mépris du droit humanitaire, d’organisations non gouvernementales, comme Médecins sans frontières. Celles-ci ont refusé de se plier aux diktats des autorités israéliennes.
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