Dans la confrontation souvent mise en scène entre des retraités qui jouiraient sans entraves de leurs vieux jours, face à des actifs mal rémunérés et mal reconnus, une note de recherche du Centre pour la recherche économique et ses applications (Cepremap, mars 2026) vient nuancer le débat. Les chercheurs Alex Martinez et Mathieu Perona ne s’intéressent pas aux comptes en banque des uns ou des autres, mais ils ont analysé la dimension subjective du bien-être ressenti par les individus.
Leur conclusion devrait permettre de remiser les clichés autour d’une prétendue « guerre des générations ». Ainsi, « dans la quasi-totalité des dimensions, le bien-être des retraités est pratiquement identique à celui des personnes en emploi du même âge », notent les auteurs de l’étude. Autrement dit, « la retraite n’est pas la période dorée que l’on imagine ».
Ce constat vaut pour tous : hommes et femmes, employés et cadres, travailleurs manuels et intellectuels. A partir de 65 ans, c’est même la vie professionnelle qui est le plus appréciée : les personnes actives semblent plus satisfaites de leur existence que les retraités du même âge. C’est particulièrement vrai pour les professions libérales, chefs d’entreprise ou commerçants, qui bénéficient de revenus élevés. Mais si ces personnes n’ont pas cessé de travailler, c’est peut-être aussi parce qu’elles aiment leur métier, ce qui cohérent avec leur bien-être ressenti.
Le lien social, marqueur de la qualité de vie
La seule exception à ce tableau concerne les personnes qui se trouvent au chômage au moment elles font valoir leur droit à la retraite. Quitter ce statut stigmatisant se traduit logiquement par un sentiment de bien-être retrouvé, et ces personnes ont tendance à idéaliser leur passage à la retraite. Mais les retraités ne sont pas plus heureux, en moyenne, que les actifs, en dépit d’un niveau de vie plus qu’honorable.
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