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Portée par des députés Ensemble et Horizons, une proposition de loi visant à renforcer la pénalisation de l’organisation de rave-parties a été déposée, sous le numéro 1133, à l’Assemblée nationale, le 18 mars. Son objectif est de « réaffirmer l’autorité de l’Etat face aux difficultés et dangers causés par ces rassemblements illégaux », arguant qu’ils « facilitent le blanchiment d’argent, l’usage de la soumission chimique, causent des nuisances aux riverains et incitent à la consommation de drogue notamment. D’innombrables viols, blessés et morts sont à déplorer ».

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Au-delà du constat expéditif et quelque peu outrancier qui est fait des rave-parties, et de l’absence de définition claire des rassemblements festifs en question, cette proposition de loi passe à côté du sujet pourtant fondamental porté par ces rassemblements : pourquoi existent-ils depuis plusieurs décennies dans notre pays ? Qu’est-ce qui motive leur organisation et, a fortiori, leur fréquentation ?

Pour y répondre, de très nombreux travaux et études peuvent être mobilisés. Ils font consensus et montrent de manière convaincante que, depuis le début des années 1990, en France, les rave-parties en tant que rassemblements festifs illégaux sont une réponse citoyenne et collaborative d’une partie de la jeunesse à une réalité sociale inquiétante : il n’est pas possible, dans notre pays, de faire la fête librement sans subir de récurrentes discriminations sociales, raciales, de genre, d’apparence, celles-ci n’étant d’ailleurs pas exclusives les unes des autres. Les discriminations festives se combinent, en effet, très souvent.

Une alternative aux discriminations

Aujourd’hui, des jeunes Français qui désirent aller s’amuser et danser, le week-end, ne pourront pas le faire s’ils n’ont pas les moyens de payer l’entrée d’un club, d’une boîte de nuit, ou les consommations dans un bar, et même s’ils disposent de cette capacité financière, il est possible que l’entrée leur soit refusée, de manière tout à fait illégale par ailleurs, en raison de leur couleur de peau, de leur genre, de leur manière de s’habiller ou de se coiffer. Et le cas échéant, s’ils pouvaient entrer dans certains lieux, il est possible également que la musique qu’ils souhaiteraient écouter pour faire la fête et s’amuser ne soit pas programmée en raison des choix artistiques dudit lieu festif.

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