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Histoires Web vendredi, février 28
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Dépaysement garanti dans la salle de répétition du Théâtre du Soleil, à Paris, où se joue un spectacle qui arrive de très loin. Avec Les Nuages d’Hamlet, d’Eugenio Barba, l’exotisme est au rendez-vous. Pas seulement parce que cette création a été conçue au Danemark, où vit ce disciple du maître polonais Jerzy Grotowski (1933-1999). Mais parce qu’elle est la survivance d’un théâtre en voie de disparition. Une perspective à prendre d’autant plus au sérieux que Barba, né en 1936 en Italie, a été contraint de quitter il y a peu les murs de l’Odin Teatret, le théâtre-laboratoire qu’il avait installé dès 1966 près de Holstebro (Danemark).

C’est donc dans sa maison personnelle qu’a dû répéter l’artiste. Et à l’invitation d’Ariane Mnouchkine, fidèle d’entre les fidèles, qu’il peut présenter, à la Cartoucherie, à Paris, dans le bois de Vincennes, une fantasmagorie inquiète autour d’Hamlet, prince du Danemark, et de Hamnet, le fils, mort à 11 ans, de Shakespeare.

Inutile de louvoyer : la proposition, étirée sur une scène aménagée en bi-frontal, paraîtra surannée, voire archaïque, aux yeux d’un public habitué à la modernité. Il faut laisser de côté ses attentes en matière d’esthétique lorsqu’on prend place sur les gradins. Rien de ce qui se déroule sur le plateau borné par deux rideaux et des rangées de projecteurs ne nous est familier même si tout s’y tient d’un bloc sans fissures. Sur cet « espace-rivière » (ainsi que le qualifie le metteur en scène), les acteurs se livrent à un jeu qui prêterait à rire s’il n’était sous-tendu par une authentique quête d’intériorité.

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