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Le vice-président des Etats-Unis, J. D. Vance, avait vanté l’arrivée d’un « nouveau shérif » pour les affaires du monde en la personne de Donald Trump, lors de son discours tenu à l’occasion de la Conférence de Munich sur la sécurité, vendredi 14 février. Deux mois après le retour de Trump à la Maison Blanche, cette ambition est cependant relativisée par l’amateurisme dont la nouvelle administration peut faire la preuve dans les affaires internationales et par le manque de résultats sur les dossiers qu’elle avait elle-même présentés comme impératifs.

Les principaux responsables de la sécurité et de la défense choisis par Donald Trump ont ainsi agi avec une confondante légèreté en échangeant des informations confidentielles dans un groupe de conversation sur une messagerie jugée peu sûre par les experts. D’autant qu’un journaliste, qui a révélé l’affaire le 24 mars, le rédacteur en chef du magazine The Atlantic, avait été ajouté par inadvertance à ce groupe.

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A cette faute concernant la planification des bombardements qui ont ciblé samedi 15 mars des miliciens houthistes au Yémen s’est ajoutée une gestion de crise calamiteuse par un exécutif prompt à minorer l’incident, entretenant ainsi une impression désastreuse d’irresponsabilité. La tactique habituelle de Donald Trump, nier en bloc et accuser la presse, a montré ses limites.

Cet amateurisme apparaissait déjà dans chacune des réponses de l’émissaire spécial du président pour les conflits en cours à Gaza et en Ukraine, Steve Witkoff. Celui-ci s’est longuement épanché lors d’un entretien avec le polémiste conservateur Tucker Carlson diffusé le 21 mars, alors qu’on attend généralement que les hommes nommés à des postes aussi stratégiques s’en tiennent à une indispensable réserve. Avoir fait fortune dans l’immobilier et être littéralement fasciné par Donald Trump, cela ne suffit manifestement pas pour devenir au pied levé un diplomate à la hauteur des enjeux.

Signaux négatifs

Donald Trump a beau défendre la stratégie de « la paix par la force », il peine à obtenir des résultats dans les deux dossiers dont Steve Witkoff est chargé. Israël a repris son offensive à Gaza, alors que le républicain avait revendiqué bruyamment la paternité du cessez-le-feu obtenu à son début de mandat. L’accord en trois phases laborieusement négocié avec le Hamas sous l’égide des Etats-Unis a été unilatéralement remis en cause. La Maison Blanche n’y a rien trouvé à redire, donnant l’impression d’être placée devant le fait accompli par le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, surtout préoccupé par son maintien au pouvoir.

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Donald Trump s’était dit assuré de mettre un terme à la guerre en Ukraine en un temps record, mais les négociations ouvertes avec la Russie sans le moindre préalable n’ont produit jusqu’à présent que des résultats mitigés. L’accord claironné hâtivement sur un arrêt des hostilités en mer Noire, le 25 mars, met en évidence l’empressement de la Maison Blanche à obtenir une percée, coûte que coûte. Dans les faits, le président russe, Vladimir Poutine, dont Steve Witkoff a assuré qu’il n’est pas « un mauvais type », se comporte en véritable maître des horloges.

Alors que la nouvelle administration travaille dans le même temps avec opiniâtreté à saboter ses relations avec ses alliés historiques, traités avec une hostilité sans précédent, ces signaux négatifs brouillent déjà l’image qu’elle entendait donner d’elle-même.

Le Monde

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