Agathe et Malo (tous les interlocuteurs ont requis l’anonymat) ont tout d’un couple ordinaire : chaque semaine, ils débriefent leur journée de cours autour d’une assiette de pâtes, se marrent devant une série Netflix et se disent « bonne nuit » à heure fixe. Sauf que toutes ces interactions ont lieu par écran interposé. « Parfois, la connexion Internet bugge, donc il faut prendre son mal en patience », soupire Agathe, 21 ans. L’étudiante à l’institut d’études politiques de Lille vit à 220 kilomètres de son bien-aimé, en master de physique à l’université Paris-Saclay. « On essaie de se voir toutes les deux ou trois semaines. On n’est pas si loin, mais les prix des billets de train ont flambé », se plaint la jeune femme, qui consacre chaque mois un quart de son budget, soit près de 70 euros, aux trajets.
Le couple se forme en février 2020, quand Agathe, élève de terminale, a un « coup de foudre » pour ce lycéen « curieux et intelligent ». Mais pas question de renoncer à leurs ambitions : Agathe choisit l’« école de [s]es rêves » et Malo une classe préparatoire à Nantes. « Dans ma famille, le travail et les études sont des valeurs cardinales, et je n’avais pas peur d’entamer une relation à distance », raconte cette fille d’enseignant. Le binôme se fixe quelques règles : s’appeler au moins une fois par semaine, se voir tous les mois… Malgré la charge de travail et l’année en Suède d’Agathe, leur complicité tient bon. Entre deux cours, ils trouvent le temps de crapahuter en rando ou de sauter dans un train faire un tour d’Europe. « Même nos amis sont impressionnés », dit Malo, 21 ans lui aussi, en souriant.
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