Pour le Nouvel An lunaire, une troupe formée de robots humanoïdes Unitree et d’enfants a fait une démonstration d’arts martiaux synchronisés extrêmement impressionnante devant plus de 600 millions de téléspectateurs chinois. Le dernier modèle d’Atlas, l’humanoïde de Boston Dynamics, a, quant à lui, remporté en janvier le Prix du meilleur robot au fameux CES de Las Vegas (Nevada).
Les prouesses de ces machines ont été rendues possibles par les progrès significatifs des plateformes matérielles – batteries, capteurs, matériaux, moteurs, processeurs embarqués, etc., mais aussi et surtout de l’intelligence artificielle (IA), leur « cerveau » –, notamment grâce aux avancées récentes, venues pour la plupart du monde académique, en apprentissage par renforcement, optimisation, perception et simulation réaliste de la dynamique.
Les investissements correspondants sont colossaux : Tesla vient de réduire la production de certaines voitures pour affecter les capacités de ses usines à son bipède Optimus, annonçant 20 milliards de dollars de placements dans le domaine, et l’Etat chinois va lancer un fonds de capital-risque destiné à attirer près de 120 milliards d’euros sur vingt ans, notamment pour la robotique et l’IA.
Pourquoi un tel engouement pour les humanoïdes ? Un argument fréquemment avancé en leur faveur est qu’ils présentent, dans les grandes lignes, la même « empreinte physique » (taille, poids) et les mêmes caractéristiques (jambes, bras, mains) que les êtres humains ; ils pourraient donc les remplacer dans une usine sans réaménagements coûteux.
Rodney Brooks, l’inventeur du robot aspirateur Roomba, soulignait toutefois en septembre 2025 que des capacités telles qu’une dextérité comparable à celle de la main humaine sont encore hors de portée. En particulier, l’approche maintenant classique qui consiste à analyser, grâce à l’IA, des milliers d’heures de vidéo de démonstration pour « apprendre » à un robot à reproduire des gestes humains risque d’échouer pour les tâches de manipulation fine car elle ignore le sens du toucher indispensable dans ce cas : une personne dont l’extrémité des doigts a été anesthésiée éprouvera d’ailleurs les plus grandes difficultés à allumer une allumette en l’absence d’informations tactiles.
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