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L’espoir d’un retour à Dhaïra s’est éloigné pour Nasser Abou Salem. L’agriculteur n’a plus revu son village, accolé à la ligne de démarcation entre le Liban et Israël, et ses champs d’oliviers, depuis l’automne 2024. Après avoir pilonné ce village sunnite à l’artillerie et au phosphore blanc, lors de la guerre qui l’avait opposée au Hezbollah, l’armée israélienne y avait pris pied à la faveur du cessez-le-feu de novembre 2024, en rasant toutes les habitations – dont les 23 maisons que possédait la famille Abou Salem –, avant de se retirer. « Nous n’y sommes pas retournés. De leur position sur la colline, les Israéliens tiraient sur toute personne qui s’y rendait », explique-t-il.

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Avec la reprise des combats entre Israël et le Hezbollah, le 2 mars, Dhaïra est de nouveau menacé d’occupation par Israël. « Je ressens, au fond de moi, que les Israéliens occupent déjà notre village et qu’ils avanceront jusqu’au fleuve Litani », qui serpente jusqu’à 30 kilomètres au nord de la ligne de démarcation, dit l’homme de 45 ans. Lundi 16 mars, l’armée israélienne a annoncé avoir lancé des « opérations terrestres limitées et ciblées » contre des bastions du Hezbollah dans le sud du pays, afin de créer une zone tampon en territoire libanais. Des renforts pourraient être bientôt mobilisés alors que les responsables israéliens ont averti qu’ils pourraient étendre leurs opérations jusqu’au Litani pour en déraciner définitivement le Parti de Dieu.

Dans le centre d’enregistrement de déplacés internes gérés par plusieurs organisations non gouvernementales, à Tyr (Sour), au Liban, le 13 mars 2026.

Avec son épouse, « murée dans le chagrin », et ses trois enfants, âgés de 20 à 24 ans, Nasser Abou Salem a repris le chemin de l’exil. La famille a quitté, le 2 mars, le logement qu’elle louait pour 350 dollars (306 euros) par mois à Bourj Al-Chamali, en banlieue de Tyr (Sour), sous les bombardements. « C’est le Hezbollah qui nous a détruits, pas les Israéliens. Nous payons le prix du soutien à Gaza », accuse l’agriculteur, de longue date opposé au parti-milice chiite. Les promesses non tenues du Hezbollah ont renforcé son amertume. « Le parti nous avait assuré de reconstruire nos maisons encore plus belles qu’avant. Il nous a seulement versé 200 dollars de compensation pendant deux mois, puis plus rien. Il nous a laissés à la rue », dit-il.

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