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A chaque publication des classements internationaux, la même indignation revient : la France demeure l’un des pays où l’origine sociale pèse le plus lourdement sur la réussite scolaire. Les enquêtes du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) de l’Organisation de coopération et de développement économiques le rappellent régulièrement : notre système éducatif corrige peu les inégalités initiales.
Mais le débat public continue de se concentrer presque exclusivement sur le collège, le lycée, les filières ou l’orientation. Or les écarts se creusent bien avant. Ils apparaissent dès la maternelle : différences de vocabulaire, de familiarité avec l’écrit, de confiance face aux apprentissages, de rapport à l’institution scolaire. Autant d’écarts fortement corrélés aux conditions sociales et culturelles des familles. Lorsque l’enfant entre au CP, une partie du destin scolaire est déjà en train de se jouer.
La France a fait le choix d’une école obligatoire et structurée nationalement. Mais une grande partie du temps de l’enfant se déroule en dehors de la classe. Les temps périscolaires, extrascolaires et familiaux représentent les deux tiers de son temps disponible. Ils concernent l’immense majorité des enfants et relèvent, pour l’essentiel, de la responsabilité des communes.
Pourtant, ces temps demeurent le parent pauvre des politiques publiques éducatives. Dans de nombreux territoires, le périscolaire est pensé avant tout comme une solution de garde. Ailleurs, il tend à reproduire l’école après l’école, au risque d’en épuiser les ressorts. La qualité éducative de ces temps varie fortement selon les moyens municipaux, la formation des équipes, la capacité de coordination locale.
Cette fragmentation renforce mécaniquement les inégalités : les familles les plus dotées compensent, organisent, stimulent ; les autres se retrouvent seules face aux attentes implicites du système scolaire.
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