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Livre. « La droite vit une semaine de psychodrame unique dans les annales de la politique parisienne. La violence et les affrontements sont partout. » En quelle année sommes-nous ? Attention il y a un piège. Cet extrait du livre de Jean-Mathieu Pernin, Jeux de massacres. Le roman des campagnes municipales à Paris de 1977 à 2026 (Le Cherche Midi, 336 pages, 21,90 euros), pourrait correspondre à une description de la campagne des municipales à Paris de mars 2026.

Avec une candidate, Rachida Dati, investie par Les Républicains (LR), qui s’est retrouvée en compétition avec deux candidats situés entre le centre droit et l’extrême droite, Pierre-Yves Bournazel (Horizons) et Sarah Knafo (Reconquête !), la famille de droite au sens large n’a effectivement pas été étrangère à un climat de « psychodrame » pendant la campagne.

Pourtant, c’est bien à celle de 2001 que fait référence l’extrait en incipit et à la guerre fratricide entre le maire sortant, Jean Tiberi (1935-2025), du Rassemblement pour la République, qui n’a pas accepté de laisser la place au candidat officiellement investi par le parti, Philippe Seguin (1943-2010). La suite, on la connaît : après vingt-cinq ans de gouvernance de droite, Bertrand Delanoë (Parti socialiste) a finalement ravi la capitale, fort d’une alliance avec les écologistes, qui n’ont jamais fait un score aussi haut que lors de ce premier tour (12,3 %).

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Le livre de Jean-Mathieu Pernin, journaliste, mais aussi fils et petit-fils d’anciens maires du 12e arrondissement de Paris, offre une plongée dans près d’un demi-siècle d’élections municipales à Paris et témoigne, entre autres, des luttes intestines sans fin et sans pitié de la droite locale. Dès 1977 – année de la première élection d’un maire de Paris depuis la révolution française –, le candidat officiel, Michel d’Ornano (1924-1991), doit faire face à une dissidence en la personne d’un certain Jacques Chirac (1932-2019), qui en sortira victorieux. Si le futur président de la République garde la main aux deux élections suivantes, le bloc de droite recommence à se fissurer dès 1995.

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