Les territoires français d’outre-mer sont devenus des pays à part entière, du moins dans la liste des méchantes nations à taxer, publiée par le président des Etats-Unis, Donald Trump, mercredi 2 avril. Taxés à des « tarifs exorbitants », a même dénoncé Emmanuel Macron jeudi, puisque La Réunion se verrait imposer des droits de douane de 37 %, Saint-Pierre-et-Miquelon de 50 %, quand la Polynésie ou les Antilles subiraient 10 %.
La Polynésie, territoire largement autonome, pourrait en pâtir. Les exportations ont compté pour près de 10 % du produit intérieur brut de l’archipel en 2023, selon l’Institut de la statistique, un quart de ces ventes allant vers les Etats-Unis, principal débouché du poisson local.
Ailleurs, la portée opérationnelle des annonces trumpiennes reste douteuse. « Le moins qu’on puisse dire, c’est que les outre-mer ne sont pas des puissances commerciales », a résumé Ivan Odonnat, directeur général de l’Institut d’émission d’outre-mer, auprès de l’Agence France-Presse.
Les Etats-Unis ne représentent que 2,5 % des exportations de La Réunion. L’île de l’océan Indien vend surtout ses produits de la pêche – pour 42,5 millions d’euros de légine et 2,2 millions d’euros de thon, d’après les douanes. Cependant, la balance commerciale du département français est largement déficitaire, de 13,8 millions d’euros. Et, rappelle Huguette Bello, présidente du conseil régional, la décision américaine « n’a aucun sens ». Ces mesures « apparaissent irréalistes et juridiquement infondées », observe-t-elle, car les départements d’outre-mer, en leur qualité de régions ultrapériphériques de l’Union européenne, appartiennent à l’ensemble douanier européen.
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