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Histoires Web jeudi, avril 3
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Dix films retraçant les débuts anglais d’Alfred Hitchcock (1899-1980) ressortent en salle, bien avant son époque hollywoodienne qui inscrivit sa légende aux côtés du mot « suspense ». On croit connaître Hitchcock par cœur, ses vertiges formels, sa criminologie, ses transferts de culpabilité, mais plus l’on remonte le fil de son œuvre, plus on lui découvre des visages insoupçonnés et éclectiques.

La collection couvre une période de cinq ans, de 1927 à 1932, qui correspond au passage du jeune Hitchcock dans les studios Elstree de la société British International Pictures (BIP). Au-delà de la distinction classique entre périodes anglaise et américaine, cette phase intense est marquée par une mutation décisive : le passage du muet au parlant, qui condense et structure son art. L’autre argument de ces ressorties, ce sont les restaurations flambant neuves mises à disposition, qui accentuent le rendu sensoriel et la précision matérielle de l’univers hitchcockien.

Si ces œuvres de jeunesse font état d’une précoce maîtrise formelle, des thèmes y fleurissent, comme par exemple le sacerdoce de la vie conjugale. Dans Le Masque de cuir (1927), celle-ci prend la forme d’un sport de combat. Deux boxeurs, l’un champion confirmé, l’autre jeune amateur, s’y disputent l’amour d’une femme, la belle Mabel, mariée au second, attirée par le premier. Dès l’ouverture, au cœur d’une fête foraine, on est saisi par la mobilité de la caméra, embarquée à l’intérieur des attractions, comme par la sensation de vacarme relayée par les gros plans – ici sur un tambour, là sur la bouche grande ouverte du bateleur.

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