Lorsque la nature en ville s’invite dans les débats préélectoraux, c’est bien souvent par le biais des arbres que l’on promet de planter pour revégétaliser une place par-ci, une rue par-là. C’est nécessaire, mais cela ne doit pas servir de paravent à la poursuite d’une artificialisation massive des sols, ni faire oublier les arbres déjà en place.
Les arbres urbains apportent d’indéniables avantages aux personnes qui vivent et travaillent en ville : ils rafraîchissent l’air et le sol, filtrent une partie des pollutions atmosphériques, favorisent l’infiltration de l’eau dans le sol, hébergent une riche biodiversité et contribuent au bien-être physique et psychique des personnes. Dans le jargon académique, ils fournissent des services écosystémiques et représentent des « solutions fondées sur la nature » susceptibles de placer les villes dans une trajectoire d’adaptation aux effets des changements globaux. Pourtant, il y a un revers à la médaille : les « déservices » liés aux feuilles mortes et aux fruits qui rendent les chaussées glissantes, aux racines qui endommagent les infrastructures, ou encore aux pollens, sources d’allergies.
Equilibrer les services et les déservices liés aux arbres lors de leur installation en ville et leur entretien représente de nombreux défis écologiques, techniques, matériels et réglementaires. Cela a aussi un coût, surtout au début et à la fin du cycle de vie des arbres. Pourtant, les recherches convergent pour souligner que les avantages écologiques, sanitaires et sociaux liés aux arbres urbains sont largement supérieurs aux coûts. En considérant les impacts marchands et non marchands, les politiques en faveur des arbres apparaissent justifiées sur le plan économique, en particulier dans un contexte d’urgence climatique. Alors on plante. Mais planter ne suffira pas. Encore faut-il que les arbres survivent.
Attention collective
Ce sont les arbres sains et matures qui génèrent les bénéfices les plus importants pour la collectivité. Or, les arbres urbains sont fragiles. Ils vivent vite et meurent jeunes, souvent faute d’une préparation adéquate de la plantation, de soins pendant les premières années, ou de planification à long terme de leur entretien. Ceux qui survivent sont malmenés. Ils manquent de place. Ils ont chaud et soif. Ils subissent des coups sur les racines et les troncs, sans parler de leurs ennemis de toujours : les champignons pathogènes et les insectes ravageurs.
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