Dans les stations de ski, les Ecoles du ski français (ESF) règnent en maître : avec 16 000 moniteurs, ces écoles privées captent l’écrasante majorité (environ 80 %) du marché des cours de ski en France, laissant peu de place aux structures concurrentes. Leur royaume vient, mardi 17 mars, de se fissurer.
L’Autorité de la concurrence a prononcé une sanction de 3,4 millions d’euros à l’encontre du Syndicat national des moniteurs du ski français (SNMSF), la structure qui chapeaute les ESF, en raison de pratiques anticoncurrentielles. Cette « restriction généralisée de concurrence verrouille l’enseignement du ski », a des effets notables sur la liberté d’entreprendre des moniteurs, et sur la possibilité, pour d’autres, d’exercer dans ce champ, a indiqué l’Autorité de la concurrence.
Avec cette décision, c’est tout un système qui est ainsi remis en cause. En l’espèce, les moniteurs ESF, bien que travailleurs indépendants, n’avaient pas le droit d’officier dans d’autres écoles, ou pour eux-mêmes… sous peine d’exclusion du syndicat – qui se traduisait par l’interdiction de travailler pour n’importe quelle ESF. Ce système avait été formalisé au travers de l’adoption, en 2006, d’une « clause d’exclusivité » pour tous les moniteurs ESF, alors que les écoles concurrentes commençaient à se développer, aidées par l’émergence des sites webs et de l’achat en ligne de cours.
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