Pour la troisième fois en quatre ans, le Chilien Nicolas Zepeda comparaît devant une cour d’assises, pour répondre de l’accusation d’assassinat de son ex-petite amie japonaise Narumi Kurosaki, à Besançon en décembre 2016. Son procès, qui s’ouvre mardi 17 mars au palais de justice de Lyon (Rhône), doit durer deux semaines. Il intervient après la décision de la Cour de cassation, annulant pour vice de forme, en février 2025, l’arrêt rendu par la cour d’assises d’appel de la Haute-Saône, à Vesoul, en décembre 2023, qui avait déclaré Nicolas Zepeda coupable et l’avait condamné à vingt-huit ans de réclusion criminelle. Un verdict strictement identique à celui prononcé en première instance, en avril 2022, par la cour et les jurés du Doubs. Nicolas Zepeda a jusque-là toujours nié avoir tué son ex-petite amie, dont le corps n’a jamais été retrouvé.
Rares sont les dossiers criminels présentant autant de charges que celles réunies contre l’accusé, aujourd’hui âgé de 35 ans. Avant le drame, il y a ces semaines de traque numérique obsessionnelle, pendant lesquelles Nicolas Zepeda s’introduit dans la messagerie de la jeune femme, lui enjoint de supprimer de son mur Facebook les photos de ses nouveaux amis masculins. Puis, à compter du 30 novembre 2016 et de son arrivée surprise à Besançon, en provenance de Santiago du Chili, ces trois jours et ces trois nuits où les caméras de surveillance de la résidence saisissent à onze reprises une silhouette passant et repassant sous les fenêtres de la chambre 106 – celle de Narumi Kurosaki – et la preuve, rapportée par l’enquête, qu’à chaque fois, dans les minutes qui précèdent l’apparition de cette silhouette, le GPS du véhicule de location de Nicolas Zepeda et son téléphone portable activent le relais situé sur le campus.
La nuit du 4 au 5 décembre, il y a ces cris aigus et ces « boum » qui réveillent en sursaut onze pensionnaires de la résidence, dont les chambres sont proches de celle de Narumi Kurosaki. « It sounded like someone was being murdered » [« on aurait dit quelqu’un en train de se faire assassiner »], textote à 3 h 21 une étudiante écossaise paniquée à ses voisins de couloir.
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