Doctorante en histoire de 32 ans, Milène Le Goff organisait des conférences et des débats pour l’Université des femmes de Bruxelles, lorsqu’elle a découvert en 2022 l’histoire du Tribunal international des crimes contre les femmes. Cet épisode l’a tellement marquée qu’elle a décidé d’y consacrer ses recherches à temps plein. En 2023, elle organise un colloque sur le sujet et dans la foulée elle se lance dans une thèse de doctorat qui lui permet d’approfondir ses connaissances sur cet événement fondateur du féminisme contemporain qui fête cette année son 50e anniversaire.
L’aventure du Tribunal international des crimes contre les femmes (TICF) est tombée dans l’oubli. Du 4 au 8 mars 1976, à Bruxelles, 2 000 femmes venues de 40 pays ont témoigné à la tribune du Palais des congrès des inégalités, violences et vexations dont elles avaient été victimes. Il a alors lieu en non-mixité : les journalistes hommes envoyés pour couvrir l’événement sont rapidement congédiés, pour permettre, selon les organisatrices, une parole plus libre aux intervenantes. Les interventions se déroulent dans « la colère et la joie », se souvient Nicole Van de Ven.
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