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Le site Bounty.chat, qui se présente comme une « alternative » au forum Coco, fermé par la justice, est soupçonné de diffuser des contenus pédocriminels et s’en est expliqué auprès de l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom), a-t-on appris, samedi 30 août, auprès du gendarme français du numérique.

L’organisme de tutelle avait été interpellé mercredi par la haut-commissaire à l’enfance, Sarah El Haïry. « J’ai saisi l’Arcom et alerté les ministères de la justice et de l’intérieur, ainsi que la plateforme Pharos » de lutte contre la violence en ligne, avait-elle annoncé sur X.

L’Arcom a demandé des explications par courrier à la plateforme, et la réponse de celle-ci est en train d’être analysée, a précisé l’organisme. Elle s’est également « rapprochée d’e-Enfance et est en contact avec l’OFAC [Office anti-cybercriminalité] pour examiner les suites à donner ».

Bounty.chat « pourrait contribuer à la diffusion de contenus attentatoires aux mineurs, notamment pédocriminels, ainsi que des actes relevant de la sollicitation de mineurs en ligne », soulignait l’Arcom dans le courrier adressé au site, consulté par l’Agence France-Presse (AFP). Une vingtaine de questions concernant la réaction du site à ces contenus et les moyens mis en place pour sa modération lui ont été soumises.

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« Grandement » inspiré de Coco

Bounty.chat affirme que « la modération et la sécurité sont [sa] priorité ». Il « s’inspire grandement de Coco », mais « en y ajoutant de nouvelles fonctionnalités et en se conformant aux lois françaises », est-il assuré sur le site, établi en France. Comme son prédécesseur, il vante « la simplicité d’inscription, l’anonymat, les salons thématiques et la recherche de [personnes] connectées à proximité par le code postal ».

Immatriculé à l’étranger, le site Coco.fr, considéré comme « un repère de prédateurs » par des associations de défense de l’enfance et de lutte contre l’homophobie, et mis en cause dans des guets-apens ou des agressions, a été fermé à la mi-2024 par la justice. Son fondateur, l’Italien Isaac Steidl, a été mis en examen en janvier dernier à Paris et placé sous contrôle judiciaire. Coco.fr a été au centre de plusieurs affaires criminelles, dont le retentissant procès des viols de Mazan.

Pendant près de dix ans, de juillet 2011 à octobre 2020, Dominique Pelicot a assommé sa femme d’anxiolytiques pour la violer et la faire violer par des dizaines d’hommes recrutés par le biais de Coco.fr. Lui et 50 coaccusés ont été reconnus coupables et condamnés, le 19 décembre, par la cour criminelle de Vaucluse.

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Le Monde avec AFP

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