« Madame », « Chère amie », « Mademoiselle » , « Allez pleurer », « C’est quoi ce rire d’hystérique ? », « C’est insupportable, déjà votre voix c’est dur »… Voici quelques morceaux choisis de ce qu’il fut donné à entendre au public du tribunal judiciaire de Paris lors de l’audience correctionnelle visant un acteur célèbre.
La défense, encouragée tant par le mutisme absolu du tribunal dans son ensemble que par l’absence de réaction de l’Ordre des avocats, pourtant représenté, s’en est donné à cœur joie en matière de sexisme et de misogynie, allant bien au-delà de ce qu’il est convenu d’appeler, même de manière extrêmement large, « les droits de la défense ».
La plupart d’entre nous pratiquons la défense pénale régulièrement, parfois quotidiennement. Hommes et femmes, nous savons ce que cela signifie, et les nombreux signataires de cette tribune sont viscéralement attachés aux droits de la défense. Nous savons donc d’autant mieux reconnaître ce qui n’en fait pas partie.
Un monde où le masculinisme a le vent en poupe
Viser de manière répétée des consœurs car femmes, adopter une stratégie clairement sexiste, porter atteinte au respect de la robe qui leur est dû en attaquant leur sexe et/ou leur genre, ne doit plus avoir sa place, jamais, dans une enceinte judiciaire française. La justice ne peut ignorer le monde dans lequel elle vit. C’est un monde où le masculinisme a le vent en poupe et où le combat contre les inégalités femmes/hommes doit être l’objet d’une vigilance redoublée.
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