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Le maire a beau rester une figure populaire, il n’échappe pas à la crise du politique qui frappe depuis des années la scène nationale. Le haut niveau de l’abstention (42,8 % selon les données du ministère de l’intérieur et les calculs du Monde) lors du premier tour des élections municipales, dimanche 15 mars, est un signal d’alarme, notamment dans les petites communes où l’offre politique n’a manifestement pas répondu aux attentes.

Dans 68 % des communes, celle-ci s’est réduite à une seule liste, ce qui a pu engendrer chez certains électeurs frustrations et envie de pêche à la ligne. Certains y verront le résultat du changement de mode de scrutin intervenu dans les communes de moins de 1 000 habitants dans lesquelles le panachage est désormais interdit, privant l’électeur de la possibilité de composer la liste à sa guise.

Mais une raison plus profonde peut expliquer ce rétrécissement du nombre de listes : il devient de plus en plus difficile d’exercer le mandat de maire. Près de la moitié des sortants ne se représentaient pas, signe d’une forme de découragement induite par la montée des incivilités, le comportement de plus en plus consumériste des électeurs et l’impuissance du maire à répondre à la principale attente de leurs administrés, la sécurité, qui relève d’abord du champ régalien.

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Dans cette drôle de campagne à la fois dominée par les enjeux locaux et contaminée par la défiance nationale, beaucoup de candidats avouent avoir eu du mal à se faire entendre, s’exposant au lourd silence de ceux qu’ils s’échinaient à convaincre. L’enquête Ipsos BVA réalisée entre le 12 et le 14 mars, juste avant le premier tour, confirme l’ampleur de cette crise du politique : tout en saluant le bilan de leur maire, 81 % des Français évoquaient « de la déception, de la défiance ou de la colère » à l’égard du politique et 74 % d’entre eux exprimaient « un désir de changement en profondeur ».

Système opaque

Toutes ces frustrations renvoient à un sujet structurel que les élus, quelle que soit leur couleur, ont été incapables de traiter ces dernières années, faute de courage ou d’assise politique suffisamment large : l’articulation entre le local et le national n’est pas satisfaisante.

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