Meilleures Actions

Le Parlement européen a approuvé jeudi 26 mars l’interdiction dans l’Union européenne (UE) des services d’intelligence artificielle (IA) permettant de « dénuder » des personnes sans leur consentement. La mesure, défendue également par les Etats membres, a été intégrée à un texte adopté à une majorité écrasante (569 voix pour, et 45 contre), lors d’une séance plénière à Bruxelles.

Selon un communiqué du Parlement, il s’agit d’interdire les systèmes de « nudification », qui « utilisent l’IA pour créer ou manipuler des images sexuellement explicites ou intimes et qui ressemblent à une personne réelle identifiable, sans le consentement de cette personne ». Les IA dotées « de mesures de sécurité efficaces » empêchant ces pratiques ne sont pas concernées.

Les 27 pays membres du Conseil européen ont également approuvé, le 13 mars, un amendement analogue proposé par la France et l’Espagne. Ils vont devoir maintenant négocier avec le Parlement pour s’entendre sur une formulation similaire, avant que la mesure puisse s’appliquer.

Enquête contre Grok

Ces initiatives font suite notamment à l’introduction il y a quelques mois d’une fonctionnalité dans Grok, l’assistant d’IA de l’homme d’affaires américain Elon Musk. Celle-ci permet aux utilisateurs de demander à Grok de créer des montages hyperréalistes (ou deepfakes) de femmes et d’enfants dénudés à partir de photos réelles. Cette affaire a soulevé un tollé dans de nombreux pays et entraîné l’ouverture d’une enquête de l’UE.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés L’IA Grok propose désormais de payer pour dénuder les utilisateurs sur X, avec ou sans consentement

Le Parlement a également approuvé, via le même texte, le report de nouvelles règles européennes sur les systèmes d’intelligence à hauts risques, à savoir actifs dans les domaines sensibles de la sécurité, de la santé ou des droits fondamentaux. Ces règles étaient censées entrer en vigueur en août 2026. Comme les Etats membres, les eurodéputés ont proposé des dates fixes pour ce report, là où la Commission voulait donner aux entreprises un calendrier plus souple : le 2 décembre 2027 pour les systèmes à hauts risques autonomes, et le 2 août 2028 pour ceux intégrés à d’autres programmes ou produits.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés « L’intelligence artificielle réinvente la domination masculine »

Le Monde avec AFP

Share.