C’est une progression impressionnante, qui illustre l’amélioration des fondamentaux économiques du Nigeria, première population d’Afrique et sixième du monde (233 millions d’habitants en 2024, selon la Banque mondiale). Le 3 mars, la banque centrale du pays a annoncé une augmentation de ses réserves de change de quelque 772 %. Soit 34,8 milliards de dollars (30,1 milliards d’euros) à la fin 2025, contre seulement 3,99 milliards deux ans plus tôt. De quoi aider à effacer l’un des cauchemars de ses investisseurs, contraints par le passé de patienter de long mois dans une « file d’attente » aux règles parfois impénétrables pour obtenir les billets verts nécessaires à leur activité.
Plus généralement, les voyants sont au vert chez le tourmenté premier producteur de pétrole d’Afrique. L’inflation a été divisée par deux, passant de 30 % à quand même 15 %. La banque centrale a commencé en conséquence à baisser les taux d’emprunt. Le produit intérieur brut, lui, a crû de près de 4 % en 2025, un plus-haut depuis 2022, malgré des cours de l’or noir modérés.
Les trois dernières années ont été pour le moins éprouvantes. Le chef de l’Etat, Bola Tinubu, arrivé au pouvoir mi-2023 et qui briguera un nouveau mandat dès janvier 2027, a mené de profondes réformes pour assainir l’économie. Libéralisé, le naira, la monnaie nationale, s’est effondré face au dollar – descendu sous le seuil de 1 000 nairas pour un dollar en 2024, il s’est depuis stabilisé à autour de 1 398 au 11 mars. La fin redoutée et brutale des subventions aux carburants, dès la prise de fonctions de Bola Tinubu, a eu un effet boule de neige sur toute l’économie.
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