Depuis le 28 février, les yeux du monde sont largement fixés sur la guerre en Iran, qui a provoqué l’embrasement des Proche et Moyen-Orient. Déclenché par des frappes israélo-américaines sans concertation et sans aval du droit international, le conflit a conduit au blocage du détroit d’Ormuz et à la flambée du prix du baril de pétrole. Cette nouvelle guerre n’a toutefois pas éclipsé les élections municipales en France, dont l’issue était particulièrement scrutée à l’aune de l’élection nationale à venir en 2027. La Matinale du Monde revient sur ces temps forts en dix dessins.
En Iran, un Khamenei peut en cacher un autre
Le Guide suprême iranien au pouvoir depuis 1989, Ali Khamenei, a été tué dans des bombardements menés par Israël et les Etats-Unis, le 28 février. Bien que Donald Trump ait espéré un effondrement rapide du régime, ce dernier a rapidement installé un successeur en la personne du fils de l’ayatollah. Mojtaba Hosseini Khamenei, 56 ans, a été nommé le 8 mars par l’Assemblée des experts, l’instance religieuse chargée de choisir le Guide suprême. Désigné à vie, il devient désormais « une cible » pour Israël.
La flambée du prix du baril menace l’Europe d’un choc énergétique
La riposte iranienne sur des installations pétrolières et gazières dans le Golfe Arabo-Persique, ainsi que le blocage par Téhéran du détroit d’Ormuz, nœud essentiel du transport maritime mondial des énergies fossiles, ont provoqué une chute de la production et une flambée des prix. Fait exceptionnel, l’Agence internationale de l’énergie a annoncé le déblocage de stocks stratégiques de ses Etats membres, le plus important depuis 1973 et le premier choc pétrolier. Le conflit a une fois de plus mis en lumière la dépendance de l’Europe aux énergies fossiles, soulignant la nécessité de la transition énergétique.
La crise du gaz et du pétrole, une aubaine pour Vladimir Poutine
Vladimir Poutine pourrait bien se frotter les mains : à mesure que le conflit au Moyen-Orient fait flamber les cours du pétrole, et détourne l’attention occidentale, la facture énergétique explose et éclipse la guerre qu’il mène en Ukraine. En quelques jours, le brut russe de l’Oural, longtemps bradé autour de 50 dollars (43,50 euros), a augmenté à des niveaux que Moscou n’osait plus espérer il y a seulement quelques semaines. L’administration Trump a, elle, suspendu une partie des sanctions contre des groupes pétroliers russes. Ces mesures permettent au Kremlin de renflouer ses caisses et de financer le coût faramineux de son « opération militaire spéciale ».
Après le Venezuela et l’Iran, Cuba ?
Après le coup américain porté au Venezuela le 3 janvier pour enlever le président Nicolas Maduro, l’île caribéenne est désormais dans le viseur du président américain. Le 16 mars, Donald Trump déclarait qu’il pensait avoir bientôt « l’honneur de prendre Cuba », placé sous embargo américain depuis 1962. Une idée fixe devenue une obsession politique : Donald Trump estime que Cuba est « au bout du rouleau » et que le régime cubain en vigueur vit « ses derniers moments », acculé par les pénuries d’énergie et une situation sociale intenable.
Aux municipales, une percée de LFI qui divise le PS
A un an des élections présidentielle et législatives, les municipales avaient valeur de test pour tous les partis. C’était particulièrement le cas à gauche, où le Parti socialiste (PS) se divise sur une alliance, ou non, avec La France insoumise (LFI). Le premier tour du scrutin, le 15 mars, a témoigné d’une solide assise pour le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, arrivé en tête dans plusieurs grandes villes et qualifié dans de nombreuses autres. Les socialistes ont répondu en ordre dispersé, fusionnant dans de nombreux cas, refusant dans d’autres, pour un résultat en demi-teinte : la gauche a remporté la plupart des grandes villes, mais les listes menées par LFI se sont heurtées à un barrage allant du centre à l’extrême droite.
Des élections marquées par une abstention importante
Malgré une campagne animée, plus de quatre électeurs inscrits sur dix n’ont pas voté aux deux tours des municipales, les 15 et 22 mars. Au premier tour, 57,2 % des inscrits se sont déplacés aux urnes ; 57,9 % une semaine plus tard. Selon Ipsos, dans les communes où était organisé un second tour, 28 % des abstentionnistes justifiaient leur non-mobilisation « parce qu’aucune liste ou candidat ne leur plaît », tandis que 27 % affirmaient que « ces élections ne changer[aie]nt rien à leur vie quotidienne » ou que les résultats étaient « connus d’avance dans leur commune ».
En Italie, le lourd revers de Giorgia Meloni lors d’un référendum
Prisons surpeuplées, lenteur et imprévisibilité des tribunaux… Les critiques ne manquent pas en Italie à l’égard de la justice. La présidente du conseil, Giorgia Meloni, comptait capitaliser sur ce mécontentement pour réformer le système judiciaire et le fonctionnement de la magistrature, dénonçant régulièrement l’emprise de « juges rouges ». Dans une campagne marquée par une atmosphère tendue et la polarisation des deux camps, le référendum est devenu un enjeu de plébiscite, ou de rejet, de la politique de Mme Meloni. Les électeurs italiens ont infligé un lourd revers à cette dernière en repoussant le 23 mars le projet de réforme (53,7 % de non).
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