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Inflation, hausse des taux d’intérêt, guerre en Ukraine, escalade du conflit israélo-palestinien, spectre d’un krach financier aux Etats-Unis… Pour les acteurs du marché de l’art, les motifs d’inquiétude ne manquent pas. Sans oublier la cyberattaque ayant frappé en mai Christie’s, revendiquée par le groupe RansomHub, qui menace de dévoiler les données personnelles des plus riches collectionneurs du monde. C’est peu dire que tous retiennent leur souffle à la veille du coup d’envoi, le 13 juin, de la foire Art Basel, ce grand raout du monde de l’art qui donne le pouls du marché. « On vend tous les jours, mais ce qui a changé, c’est qu’au-dessus de 150 000 euros, c’est plus long, les gens réfléchissent davantage », nuance la galeriste Nathalie Obadia, estimant « qu’on ne vit pas une crise, mais un ralentissement ».

Les plus optimistes s’appuient sur les résultats rassurants des ventes du mois de mai à New York, où se brassent habituellement des centaines de millions de dollars. Cette saison, toutefois, il manquait de ces trophées qui retiennent l’attention des médias, à l’image de la collection d’Harry et Linda Macklowe, dont le divorce avait fait le miel des tabloïds américains et le beurre de Sotheby’s en 2021. Ou l’ensemble mirifique de Paul Allen, cofondateur de Microsoft, dont la succession chez Christie’s avait franchi le cap symbolique du milliard de dollars en 2022.

Qu’on s’en désole ou pas, c’est ce haut de l’iceberg qui fixe les prix, détermine les goûts et indique la tendance. Au premier semestre, cette dernière est à la baisse. Le volume des ventes s’est ainsi contracté de 22 % en mai par rapport à la même période l’an dernier. Une année qui, sans être catastrophique, n’était déjà pas très faste : selon le rapport annuel Art Basel-UBS, publié en mars, le marché s’est rétréci de 4 % en 2023. « Aucun tableau ne s’est vendu au-dessus de 50 millions de dollars, signe de la prudence face à un marché hésitant », résume le courtier en art moderne Thomas Seydoux, fin observateur du milieu.

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Les maisons de ventes n’en ont pas moins réussi à sauver les apparences en réduisant les risques. Pour une petite centaine de pièces mises à l’encan en mai, elles ont fait jouer à plein le dispositif de la garantie par des tiers, qui assure aux vendeurs un prix minimum, quelle que soit l’issue de la vente. Constatant le peu d’intérêt généré par un tableau d’une grande figure de l’abstraction américaine décédée en 2023, Brice Marden, généreusement estimé entre 30 et 50 millions de dollars, Christie’s a préféré le retirer avant la mise en vente pour éviter d’affecter sa cote.

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