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Ils sont, au sortir de l’hiver, parmi les premiers à ensoleiller nos jardins. Dès janvier, le mimosa s’est paré d’éclatants pompons. Au tour du forsythia, maintenant, de faire crépiter son jaune flamboyant. S’il est parfois nommé « mimosa de Paris », impossible, pourtant, de le confondre avec le « vrai » mimosa – qui est d’ailleurs un acacia. Avec ce dernier, c’est une explosion de grappes d’un jaune poudré, jaillies d’un imposant houppier. Avec le forsythia, l’éclosion est plus lente, les fusées moins hautes et plus vives, les fleurs étoilées – comme la « visite inopinée et radieuse d’une journée de printemps » que saluait Marcel Proust (Du côté de chez Swann, 1913).

L’avez-vous remarqué ? Quand vient l’heure de fleurir, le mimosa, cet arbre au feuillage persistant, est déjà équipé de toutes ses feuilles. Mais le forsythia, lui, fait généralement ses fleurs avant de peaufiner ses feuilles. Une particularité qu’il partage avec d’autres essences protéranthes – du grec proteros (« premier ») et anthos (« fleur »), tels l’arbre de Judée ou certains magnolias. C’est un avantage évolutif : sur bois nu, leurs fleurs sont plus visibles pour les insectes pollinisateurs, encore rares en cette saison. Jaunir avant de verdir est donc, pour le forsythia, une façon d’optimiser la fécondation de ses fleurs. Par ailleurs, « sortir leurs feuilles un peu plus tard les exposerait moins aux gels tardifs », note Guillaume Besnard, du CNRS, à l’université de Toulouse.

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