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Le « discours de haine raciste » tenu par Donald Trump et d’autres responsables politiques américains, conjugué à un durcissement de la lutte contre l’immigration, alimente de graves atteintes aux droits humains, a estimé, mercredi 11 mars, le Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale (Cerd).

L’organisme s’est dit profondément préoccupé par ces propos ainsi que par l’usage d’un « langage déshumanisant » et de stéréotypes nuisibles pour désigner immigrés, réfugiés et demandeurs d’asile aux Etats-Unis.

Ils ont été décrits « comme des criminels ou comme un fardeau par des responsables politiques et des personnalités publiques influentes au plus haut niveau de l’Etat, en particulier par son président », souligne le comité dans un rapport. Cette situation « encourage l’intolérance et peut inciter à la discrimination raciale (et à) des crimes haineux », poursuit-il.

Le Cerd demande à l’administration américaine de « prendre ses responsabilités, notamment en menant des enquêtes efficaces, approfondies et impartiales » sur toutes les violations présumées. Il appelle aussi Washington à condamner publiquement la discrimination raciale et ces discours de haine.

L’organisme formé de 18 experts indépendants chargés de veiller à la mise en œuvre d’une convention internationale sur l’élimination du racisme se dit gravement préoccupé par le « recours systématique au profilage racial » de la part des agents de l’immigration et des douanes (ICE) et d’autres agents déployés dans le cadre de la répression menée par Donald Trump.

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Le ciblage « de personnes d’origine hispanique/latino, africaine ou asiatique et les contrôles d’identité arbitraires (…) ont conduit à l’arrestation massive présumée de réfugiés, de demandeurs d’asile, de migrants et de personnes perçues comme telles », souligne-t-il.

Au moins 675 000 personnes expulsées

Selon le rapport, 675 000 personnes au moins ont été expulsées depuis janvier 2025, lorsque Donald Trump a pris ses fonctions. Le comité dénonce en particulier « l’usage excessif de la force lors des opérations de contrôle de l’immigration », soulignant qu’au moins huit personnes sont mortes depuis janvier lors d’opérations de l’ICE ou alors qu’elles étaient sous sa garde.

Le rapport du Cerd fait suite à une requête urgente déposée au début du mois de février par American Civil Liberties Union (ACLU), influente organisation de défense des droits civiques. Elle lui avait demandé « d’enquêter sur les graves violations par les Etats-Unis de leurs obligations en matière de droits humains » dans l’Etat du Minnesota, où deux manifestants ont été tués en janvier par des policiers chargés de la lutte contre l’immigration. Cette requête a été déposée au titre de la procédure d’alerte et d’action urgente du Cerd, qui lui permet de se saisir de questions urgentes entre ses sessions ordinaires.

Des milliers d’agents fédéraux, y compris au sein de l’ICE, ont mené cette année, pendant plusieurs semaines, des raids massifs et des arrestations dans le Minnesota, que l’administration Trump a présentés comme des opérations contre des criminels.

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L’opération controversée a pris fin le mois dernier sur fond d’indignation croissante après les meurtres de deux citoyens américains, Renee Good et Alex Pretti, tués par balles par des agents fédéraux à Minneapolis, et l’arrestation d’un enfant de cinq ans.

Le Cerd dénonce également l’« augmentation drastique » du nombre de personnes détenues dans les centres de rétention, qui serait passé de 40 000 à la fin de 2024 à environ 73 000 au début de cette année. Il s’inquiète d’informations faisant état de « conditions inhumaines et de soins médicaux inadéquats » dans ces centres et déplore la mort en détention d’au moins 29 personnes en 2025, et de six en janvier.

Le Comité s’alarme, en outre, de la décision de Washington d’abroger des directives de longue date limitant les opérations de contrôle de l’immigration et les arrestations à proximité des écoles, des hôpitaux et des institutions religieuses. Dans ses recommandations, il exhorte les autorités américaines à suspendre toutes ces opérations et à procéder à un examen, fondé sur les droits humains, des mesures législatives adoptées depuis janvier 2025.

Le Monde avec AFP

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