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Le 14 mai, le président américain, Joe Biden, a annoncé un quadruplement des droits de douane sur les véhicules électriques importés de Chine, qui vont ainsi passer de 25 % à 100 %, en même temps qu’une augmentation substantielle des tarifs sur les batteries, les panneaux solaires et une série d’autres produits chinois.

Attendue, bien que contraire aux règles de l’Organisation mondiale du commerce, cette décision s’analyse au premier chef comme une gesticulation symbolique, destinée [en vue de la présidentielle de novembre] à couper l’herbe sous le pied de Donald Trump en le privant d’un argument de campagne dans les circonscriptions ouvrières des Etats-clés. Les Etats-Unis n’importent en effet quasiment pas de véhicules électriques chinois. Plus largement, l’ensemble des produits touchés par la mesure annoncée par Joe Biden ne comptent que pour 18 milliards de dollars (16,60 milliards d’euros), soit moins de 5 % des importations en provenance de Chine.

Il n’en reste pas moins que la décision signale une inflexion de la politique américaine. Si Joe Biden n’avait pas remis en cause les droits de douane institués par Donald Trump, il avait jusqu’ici pris soin de ne pas les relever.

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Depuis l’Inflation Reduction Act (IRA) de 2022, la politique industrielle verte reposait sur des subventions, certes assorties de clauses de contenu local, mais accessibles aux entreprises du monde entier. Cette politique donne d’ailleurs des résultats : entre le début de 2022 (avant l’IRA) et le début de 2023 (après), l’investissement dans les technologies vertes a augmenté de 36 %. Le renforcement de la protection commerciale pour toute une série de produits verts indique certainement la volonté de construire aux Etats-Unis une nouvelle industrie décarbonée largement découplée de la Chine.

L’inflexion est que, jusqu’ici, le rôle dévolu à la politique commerciale dans la stratégie de l’administration Biden n’était pas d’abord de sauvegarder l’emploi ou de promouvoir un développement industriel, mais de préserver la sécurité économique. Le conseiller à la sécurité nationale, Jake Sullivan, avait d’ailleurs pris bien soin de préciser que le but de l’administration était de protéger les technologies fondamentales, pas d’opposer un mur aux exportations chinoises. Vu de Pékin, le changement de pied sera certainement lu comme un signe de plus de la volonté américaine de se découpler de la Chine.

« Dérisquer » la relation

Cette question est de première importance pour l’Union européenne (UE). Contrairement aux Etats-Unis, celle-ci importe déjà des véhicules électriques chinois, qui comptent aujourd’hui pour un quart des immatriculations. Redoutant un afflux massif de ces véhicules, l’UE a lancé une enquête antisubventions, dont les résultats seront connus cet été et qui va sans doute conduire à la mise en place de droits de douane compensateurs.

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