
Après s’être garé dans un champ à la lisière de la ville de Zywiec, à 90 kilomètres au sud de Cracovie, Wojciech Figura déploie avec soin un drone flambant neuf et le fait aussitôt décoller. Sur l’écran de contrôle du policier municipal défilent les toits et les cheminées de cette municipalité de 30 000 habitants cernée par les crêtes enneigées du massif des Beskides. Mission de la matinée pour l’agent et son collègue Krzysztof Lasut, tous deux membres de l’« écopatrouille » mise en place il y a trois ans par la mairie : traquer les fumées suspectes qui s’échapperaient des habitations.
Chaque hiver, lorsque les températures sont basses et que le vent ne souffle pas, Zywiec connaît une trentaine d’épisodes de pollution atmosphérique aux particules fines en suspension (PM10 et PM2,5) et au benzopyrène, cancérigène, responsables de 40 000 décès prématurés par an dans le pays. Derrière ces épisodes, plus que les voitures thermiques ou l’industrie, on trouve d’abord les chauffages vétustes des particuliers, où brûlent des morceaux de charbon, quand ce ne sont pas des ordures, des vieux meubles vernis ou du bois trop humide.
« Dans ces cas-là, nous imposons des amendes allant jusqu’à 500 zlotys [120 euros] », explique Wojciech Figura, qui se doit de punir désormais les utilisateurs de dispositifs de chauffage trop anciens, interdits depuis le 1er janvier par la réglementation «antismog » de la région Silésie. « Vous voyez ce foyer-là, montre le quadragénaire désignant une maison à façade grise, dans le quartier de Podlesie. On leur avait mis une amende de 500 zlotys. Lorsque nous sommes revenus six mois plus tard, la chaudière avait été remplacée. »
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