A Cambridge Bay, hameau isolé de 1 900 âmes posé sur la côte sud de l’île Victoria, au Nunavut, un calme trompeur règne quelques jours après le départ, le 19 mars, d’une soixantaine de soldats canadiens engagés ces dernières semaines dans des exercices militaires : l’intérêt grandissant du Canada et du monde pour cette région historiquement délaissée divise les habitants.
Comme chaque année, plusieurs centaines de membres des forces armées canadiennes participent à l’opération « Nanook » – « ours polaire », en inuktitut, la principale langue parlée par les Inuits du Canada –, une série d’exercices qui se poursuit jusqu’au 15 avril et vise à montrer leur aptitude à protéger l’Arctique canadien, une région grande comme sept fois la France, où vivent seulement 150 000 habitants.
« On ne peut pas dire que nous accueillions avec enthousiasme la militarisation du Haut-Arctique. En même temps, nous sommes canadiens, et notre gouvernement doit protéger le territoire », estime James Eetoolook, 79 ans, président de la Kitikmeot Inuit Association (KIA), qui représente les Inuits de la région de Kitikmeot, à Cambridge Bay. Dans cette communauté, que seule une voie glacée permet, l’hiver, de relier à certaines localités voisines, et où l’approvisionnement dépend de la mer et des airs, les questions de souveraineté deviennent centrales, assure le septuagénaire.
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