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Le 9 mars, à l’issue d’une réunion avec son homologue sud-africain, Cyril Ramaphosa, au palais du Planalto, à Brasilia, le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, crée la surprise. Le chef d’Etat, qui a maintes fois dénoncé, lors de sommets internationaux, les Etats investissant dans la guerre au détriment de la lutte contre la pauvreté et la faim, annonce devant la presse que le Brésil et l’Afrique du Sud souhaitent s’engager dans la production conjointe d’armes. « Si nous ne nous préparons pas en matière de défense, un jour quelqu’un nous envahira », justifie-t-il.

L’interventionnisme croissant des Etats-Unis en Amérique latine et la guerre en Iran, déclenchée le 28 février, ont conduit Lula à infléchir sa position. « J’ai exposé au président Ramaphosa ma profonde préoccupation face à l’escalade du conflit au Moyen-Orient, qui constitue une grave menace pour la paix et la sécurité internationales », explique-t-il.

Le gouvernement redoute par ailleurs que la possible désignation des organisations criminelles brésiliennes Comando Vermelho et Primeiro Comando da Capital comme groupes terroristes par Washington ne menace la souveraineté nationale du géant latino-américain. « Cette catégorisation donnerait de la marge aux Etats-Unis pour mener des actions unilatérales contre le Brésil », alerte David Marques, responsable de programmes au sein de l’ONG Forum brésilien de sécurité publique, qui rappelle que l’enlèvement du président vénézuélien, Nicolas Maduro, et le bombardement de Caracas par les forces américaines, le 3 janvier, a été défendu par Donald Trump au nom de la lutte contre le « narcoterrorisme ».

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