Chaque jour, Thomas Leroy nourrit et soigne avec « passion » ses quelque 200 vaches laitières. Mais ces prim’Holstein noir et blanc ne sont pas le seul objet de ses attentions. Depuis 2023, il faut aussi alimenter le méthaniseur construit à quelques encablures de l’étable, sur cette exploitation située à la sortie d’Alençon, dans l’Orne.
Trois bulbes gris perle aux airs de yourte, dont deux « digesteurs », avalent quotidiennement environ 60 tonnes de biomasse, essentiellement des effluents d’élevage (fumier et lisier) et des cultures intermédiaires, plantées pour couvrir la terre en période de jachère. Rien de contradictoire entre ses deux métiers, assure l’agriculteur : « On fait une ration pour la vache et une pour le méthaniseur. D’ailleurs, sur le plan biologique, le méthaniseur est comme une grosse vache. Sauf que pour l’une, le transit dure vingt-quatre heures, tandis que pour l’autre c’est cent jours. »
Grâce à la fermentation, explique-t-il en faisant visiter la salle de contrôle de son installation, entièrement pilotée par ordinateur, la matière organique est transformée en « biogaz ». Epuré, odorisé avec du THT (tétrahydrothiophène) et mis à la bonne pression, il devient du biométhane, injecté dans le réseau de GRDF pour alimenter l’équivalent de 2 000 foyers sur la commune d’Alençon. En produisant une énergie renouvelable qui émet 80 % de dioxyde de carbone en moins que le gaz fossile, Thomas Leroy participe à sa façon à la transition énergétique. Mais le trentenaire y voit surtout un moyen de pérenniser son exploitation envers et contre les crises qui secouent régulièrement le monde agricole.
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