
C’est un déplacement aussi délicat qu’attendu que doit entreprendre, lundi 16 février, pour deux jours, le ministre de l’intérieur français. Après plusieurs mois de tergiversations dues aux soubresauts de la relation bilatérale, Laurent Nuñez a décidé de répondre positivement à l’invitation de son homologue algérien Saïd Sayoud.
La dernière visite à Alger d’un responsable français de haut rang, le 6 avril 2025, avait laissé un goût amer. Le ministre des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, gagnait alors l’autre rive de la Méditerranée avec l’ambition de « tourner la page » des tensions récentes et de « reconstruire un partenariat d’égal à égal, serein et apaisé », selon les mots qu’avait eus le patron du quai d’Orsay à l’issue de son audience avec le président algérien.
Son déplacement à Alger intervenait quelques jours après un entretien téléphonique entre Emmanuel Macron et Abdelmadjid Tebboune, son homologue. Depuis, les deux chefs d’Etat ne se parlent plus au téléphone et cette tentative de relance du dialogue a tourné court.
Irritants
Le 10 avril, Alger expulsait douze agents consulaires français, en réponse à l’arrestation d’un agent de son consulat de Créteil (Val-de-Marne) dans le cadre de l’enquête sur l’enlèvement du youtubeur et opposant au régime Amir Boukhors, dit Amir DZ, fin avril 2024. Cette annonce entraînait des effets en cascade : expulsion par Paris du même nombre d’agents consulaires algériens, rappel de l’ambassadeur de France pour consultation, fermeture de la quasi-totalité des canaux de communication entre les deux pays, frein aux échanges économiques et culturels…
Il vous reste 72.3% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.






