Un mot dans l’air. Deux événements, un même discours. A la suite de l’assassinat de l’influenceur conservateur et nationaliste Charlie Kirk, aux Etats-Unis, le 10 septembre 2025, et de la mort du militant d’extrême droite Quentin Deranque, en France, le 14 février 2026, les groupes antifas se sont retrouvés sous le feu des critiques.
De part et d’autre de l’Atlantique, figures politiques et médiatiques ont dénoncé la menace que ces militants d’extrême gauche, qui se réclament de l’opposition au fascisme, représenteraient pour la paix civile – au point de les assimiler à des « fascistes de l’antifascisme » (Le Figaro) et à des « nazillons » (CNews). Ce type de discours visant l’antifascisme n’est pas nouveau, et a parfois été désigné par le terme d’anti-antifascisme – une double négation qui introduit une complexité, bienvenue ou non suivant qui l’emploie.
Dans l’historiographie italienne, la notion d’anti-antifascisme est ainsi mobilisée par certains chercheurs pour décrire un discours qui se développe après la chute de Mussolini, en 1943, en réaction à l’hégémonie des partis antifascistes sur la vie politique italienne de la deuxième moitié des années 1940. « Un petit nombre de forces politiques ou d’intellectuels isolés – pour la plupart de droite, et pour certains fascistes – dénoncent l’idée alors dominante selon laquelle les antifascistes représentent le camp du bien et l’antifascisme doit constituer le fondement de la société à venir », note Virgile Cirefice, historien et maître de conférences à l’université de Limoges.
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