Quand un piéton s’est approché un peu trop près de la chaussée, le bus a pilé net. Le jeune homme responsable malgré lui de cet arrêt brusque ne s’est aperçu de rien, mais le système de détection de ce bus autonome « a vectorisé sa vitesse pour déterminer le risque de collision », explique James Dick, chargé du développement des véhicules autonomes à la RATP. Le groupe public teste, durant la semaine du 23 mars, un bus sans conducteur dans le Val-de-Marne, qui roule à 40 kilomètres-heure entre la gare RER de Sucy-Bonneuil et le métro de Créteil Pointe-du-Lac, sur un « rail virtuel » de 4 kilomètres calé au centimètre près.
L’engin de 8 mètres (un peu plus court que le format classique de 12 mètres) du constructeur turc Karsan n’a été mis à la disposition de la RATP qu’à des fins de tests, sans embarquer de passagers, qui doivent se contenter du service commercial des bus classiques avec les chauffeurs de la ligne 393. L’appareil autonome partage avec ces derniers une voie qui leur est consacrée, et où, par définition, le trafic est faible.
Quand l’un d’eux suit le prototype, ce dernier se range pour le laisser passer et se confronte au tout-venant quand il doit franchir des carrefours, des ronds-points et des feux rouges. Le tout sous la supervision d’un safety driver, assis derrière un volant qu’il ne touche pas tant que tout se déroule comme prévu. Derrière son siège, une imposante armoire en métal renferme le système informatique de la société américaine Adastec, qui gère la conduite en fonction des données des lidars (radars lasers), des radars et des caméras embarquées.
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