Mouv’, la radio musicale publique pour les jeunes, cessera d’émettre sur la FM à partir de la rentrée de septembre et basculera entièrement sur le numérique, a annoncé lundi 28 avril la présidente de Radio France, Sibyle Veil, dans un courrier interne consulté par l’Agence France-Presse (AFP). Cette « bascule numérique » est justifiée par un double constat : la baisse d’écoute par les jeunes de la radio en général, et des radios musicales en particulier.
Créée en 1997, Mouv’ est « notre radio la plus impactée, car elle se trouve à la rencontre de ces deux évolutions majeures », fait valoir Mme Veil dans ce « point sur la stratégie » de Radio France adressé aux salariés. « L’écoute de la musique n’a pas disparu, elle a basculé vers le numérique », argumente-t-elle, en notant que, « chez les 15-24 ans, 9 % de l’écoute de musique se fait à la radio, contre plus de 80 % en streaming audio ou vidéo ».
Après la bascule de Mouv’ sur le numérique, ses salariés permanents qui n’y restent pas se verront proposer « des évolutions » dans d’autres stations du groupe. Vendredi, après un comité social et économique extraordinaire lors duquel projet avait été évoqué, les syndicats avaient dénoncé « la suppression pure et simple de Mouv’ ».
« Un moment de bascule »
Par ailleurs, Sibyle Veil annonce vouloir créer « la première radio de service public pour enfants », qu’elle voit comme « une mission de service public ». « Les équipes de France Inter, en pointe sur les contenus jeunesse depuis 2018, ont été missionnées pour y travailler », précise-t-elle. Cette future radio émettra en DAB+, l’équivalent en radio de la TNT (télévision numérique terrestre), qui remplacera à terme la FM.
Tous ces changements stratégiques s’inscrivent dans un contexte délicat, marqué par un « recul lent » de l’écoute de la radio ces dernières années, et par la baisse du budget de l’audiovisuel public. « Pour 2025, la différence entre ce que nous attendions et ce que nous aurons est de 23,9 millions d’euros », rappelle Mme Veil, selon qui « cette tendance aux fortes économies risque de se poursuivre ». « Nous sommes dans un moment de bascule », prévient la dirigeante.