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La Norvège va fournir une aide d’urgence de 300 millions de couronnes (près de 27 millions d’euros) pour venir en aide aux ONG affectées par le gel de l’aide américaine, a annoncé mercredi 2 avril son gouvernement.

« Les fonds iront aux organisations norvégiennes qui ont été durement touchées par la perte de financement américain et aux efforts des Nations unies contre la violence sexiste et pour la santé génésique », a-t-il expliqué dans un communiqué. La santé génésique englobe l’ensemble des aspects liés à la reproduction et à la sexualité.

L’administration Trump a annoncé, fin février, tailler massivement dans l’aide internationale américaine, notamment par la suppression de 92 % des financements de programmes à l’étranger de l’agence américaine pour le développement international, l’USAID. Dotée d’un budget annuel de 42,8 milliards de dollars, l’agence indépendante représentait à elle seule 42 % de l’aide humanitaire déboursée dans le monde.

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Personnes déplacées

« Le système humanitaire international est une réussite. Des millions de vies ont été sauvées, en partie grâce au financement et au leadership politique des Etats-Unis. Nous ne pouvons pas accepter l’idée qu’il s’agit d’un gaspillage d’argent », a dit Asmund Aukrust, ministre de la coopération au développement. « Mais le système peut être beaucoup plus efficace qu’il ne l’est aujourd’hui. La Norvège soutient depuis longtemps la réforme et la rationalisation », a-t-il ajouté.

Dans cette aide d’urgence, au moins 220 millions de couronnes seront allouées aux ONG norvégiennes, qui « serviront à protéger les personnes déplacées, les enfants et les jeunes, ainsi qu’à la protection contre les mines terrestres et autres explosifs », selon le communiqué.

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Quelque 40 millions de couronnes norvégiennes seront consacrées aux efforts de lutte contre la violence sexuelle et sexiste et à l’accès aux services de santé sexuelle et génésique dans les crises humanitaires. Enfin, un montant de 40 millions de couronnes norvégiennes sera alloué à d’importants services partagés (logistique, système d’analyse) dans le système humanitaire, poursuit le gouvernement.

« Des vies seront perdues »

Dès son arrivée au pouvoir le 20 janvier, le président américain, Donald Trump, a signé un décret ordonnant le gel de l’aide étrangère américaine pour quatre-vingt-dix jours, suscitant le choc et l’émoi au sein de l’agence indépendante créée par une loi du Congrès américain en 1961. La plupart des personnels de l’USAID ont depuis été placé en congé administratif.

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Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), qui employait près de 20 000 personnes fin septembre 2024, est également ébranlé par la baisse drastique de l’aide étrangère des Etats-Unis, qui représentaient environ 40 % de son budget. « Avec moins de fonds, moins de personnel et une présence réduite du HCR dans les pays accueillant des réfugiés, l’équation est simple : des vies seront perdues », a averti le haut-commissaire pour les réfugiés, Filippo Grandi, dans une déclaration envoyée à la presse, fin mars.

Pour justifier le démantèlement de l’USAID, le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, a déclaré dans un communiqué que l’agence s’était « éloignée depuis longtemps de sa mission initiale », insistant sur une « réorientation [des] programmes d’aide à l’étranger pour les aligner directement sur ce qui est le mieux pour les Etats-Unis et nos citoyens ».

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Le Monde avec AFP

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