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Une quarantaine d’élus locaux de gauche relancent le débat sur le droit de vote des résidents étrangers aux élections locales. La maire de Paris, la socialiste Anne Hidalgo, ses homologues de Marseille, Benoît Payan (divers gauche), ou de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol (socialiste), et les maires écologistes de Lyon, Grenoble et Strasbourg, Grégory Doucet, Eric Piolle et Jeanne Barseghian, ont signé, le 5 mai, l’appel du collectif européen Voting Rights for All Residents (« Le droit de vote pour tous les résidents », VRAR).

« La démocratie ne sera complète que lorsque toutes les résidentes et tous les résidents pourront choisir celles et ceux qui les représentent et prennent les décisions, notamment au niveau local, qui concerne leur quotidien », indique le collectif J’y suis j’y vote… !, qui relaie l’appel du VRAR en France.

Aux trente-huit maires français signataires (auxquels s’ajoute le président socialiste du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel) s’ajoutent treize maires européens comme ceux de Fribourg ou de Karlsruhe en Allemagne, de Peterborough au Royaume-Uni, de Bologne en Italie ou de Genève en Suisse.

« Bouger les lignes »

L’initiative est donc continentale. Et J’y suis j’y vote… ! compte d’ailleurs interpeller les candidats aux élections européennes. Mais les Français apparaissent très impliqués. Cela tient notamment à la mobilisation active de l’Association nationale des villes et territoires accueillants, coprésidée par la maire de Strasbourg.

Pourtant, paradoxalement, ils se font discrets. Sollicitée par Le Monde, Jeanne Barseghian n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet. Elle n’est pas la seule. Parmi les maires contactés, la plupart ont invoqué leur agenda pour refuser d’expliquer pourquoi ils avaient signé l’appel. Ce n’est pas le cas du socialiste Luc Carvounas, maire d’Alfortville (Val-de-Marne). Il est « cohérent avec [lui]-même » : avant d’être maire, rappelle-t-il, il fut sénateur (2011-2017). Et, en 2012, avant l’élection de François Hollande à la présidence de la République, le Sénat avait voté une loi qui autorisait le droit de vote des étrangers aux élections locales. « C’était l’âge d’or de la gauche au Parlement, souligne M. Carvounas. Nous voulions montrer comment nous ferions bouger les lignes quand nous serions au pouvoir. »

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Mais, comme François Mitterrand en son temps, François Hollande n’a pas poussé le projet une fois élu. Le texte n’a donc pas été voté par l’Assemblée nationale. « Il ne l’a pas fait pour des raisons qui m’échappent, confie M. Carvounas. C’était pourtant dans son programme. Beaucoup l’ont regretté. C’est un vrai loupé. »

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