
La galerie Templon, à Paris, présente une trentaine d’œuvres récentes de Martial Raysse, dont trois monumentales. En soi, c’est déjà un événement : la galerie fête ses soixante ans d’existence, Raysse est nonagénaire, et c’est leur toute première collaboration. Ils ont donc pris leur temps ! Son directeur, Daniel Templon, dit avoir eu le déclic en visitant l’exposition que le musée Paul-Valéry, à Sète (Hérault), a consacrée à l’artiste en 2023. Son œuvre s’inscrit pleinement dans la ligne de la galerie qui, depuis plusieurs années, défend une certaine idée de la peinture.
Car pour les tenants d’un pan plus avant-gardiste de l’art contemporain, Martial Raysse fait figure de relaps et d’hérétique, et il l’a payé d’années de vaches maigres : lui qui fut sans doute le seul Français de sa génération à pouvoir rivaliser avec les pop artistes américains – une de ses œuvres de 1964, America America, combinant néons et peinture, accueillait les visiteurs de l’exposition « Pop Forever, Tom Wesselmann &… », organisée par la Fondation Louis Vuitton en 2024 – a préféré aux lumières de la ville la luminosité interne de la peinture. Le milieu de l’art et le marché lui en ont d’autant plus voulu que ses images et ses installations étaient fortes et diablement séduisantes.
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