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Histoires Web vendredi, février 13
« La chute de l’encombrant Jack Lang est providentielle pour tout l’échiquier politique, pétrifié par son héritage culturel »

En y allant gaiement, disons que la chute de Jack Lang est son triomphe. S’il avait été ministre du commerce extérieur de François Mitterrand, il serait passé, comme tant d’autres, aux oubliettes de l’histoire. Il a marqué si fort la culture en France qu’il reste d’actualité, à 86 ans, ce qui est un exploit, soulevant un torrent de mots depuis que son nom apparaît jusqu’à plus soif dans les courriels du pédocriminel américain Jeffrey Epstein, le contraignant à quitter la tête de l’Institut du monde arabe (IMA).

La justice dira ce qu’il en est des liens entre Lang et Epstein. Des enquêtes diront s’il a laissé des ardoises et pour quel montant, dans des hôtels ou restaurants. L’opinion a déjà son avis, qui ne date pas d’hier, et soulève une question : pourquoi le meilleur ministre de la culture de l’histoire, respecté jusqu’à l’étranger, jamais condamné ni même mis en examen, suscite-t-il autant de réactions épidermiques, voire de haine, quand il n’est pas accusé d’être un pédocriminel ?

La réponse se niche dans le personnage, flamboyant et agaçant, obstiné et vaniteux, qui a mené une politique culturelle à la hussarde à partir de 1981, se permettant de bousculer les usages et les interlocuteurs, Mitterrand en tête, tant il voulait aller vite. Le couple fusionnel qu’il forme avec son épouse, Monique, a semé sur son passage son lot de frustrations, d’humiliations, de jalousies. Depuis dix jours, d’anciens ministres de la culture, tétanisés par la présence envahissante d’un roi sans couronne se comportant comme s’il en était encore coiffé, lâchent contre lui un fiel aussi dense que leur bilan est mince.

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