Le Kosovo reste dans l’impasse politique. Profondément divisés, les députés ont de nouveau échoué à élire un président, ce qui va obliger les citoyens à retourner aux urnes pour la troisième fois en un peu plus d’un an. Bien qu’il ait remporté deux élections générales, le parti du premier ministre Albin Kurti n’a pas réussi à obtenir le soutien nécessaire pour son candidat, Glauk Konjufca, maintenant le pays dans une crise qui l’a laissé sans parlement opérationnel pendant près d’un an.
La session de l’assemblée a été ajournée peu avant minuit, dans la nuit du jeudi 5 au vendredi 6 mars, heure à laquelle expirait le délai fixé pour l’élection du nouveau chef d’Etat. Dans ce cas de figure, la présidente sortante, Vjosa Osmani, doit dissoudre l’assemblée et convoquer des élections anticipées.
« Je suspends la séance. Nous n’avons pas le quorum requis pour voter », a affirmé la présidente du Parlement, Albulena Haxhiu. Seuls les députés du parti au pouvoir, Vetëvendosje, étaient présents, l’opposition ayant boycotté la séance. Cependant, la séance n’ayant été que suspendue et non levée, on ignore encore si Mme Osmani convoquera les élections dès vendredi ou si elle attendra la fin officielle de la session parlementaire.
Négociations avec la Serbie retardées
L’an dernier, des élections générales avaient privé M. Kurti de la majorité nécessaire pour former un gouvernement et entraîné plusieurs mois d’impasse parlementaire. Les députés ont finalement imposé la tenue de nouvelles élections anticipées en décembre, que le parti de M. Kurti a remporté avec plus de 51 % des voix, obtenant 57 sièges.
Le mois dernier, Albin Kurti, 50 ans, semblait prêt à entamer un troisième mandat, après avoir été élu à ce poste avec le soutien de certains partis représentant les minorités ethniques. Il devra désormais affronter à nouveau les urnes.
La nécessité de nouvelles élections retardera encore les négociations avec la Serbie, qui n’a jamais reconnu l’indépendance du Kosovo en raison de la situation dans le nord du pays à majorité serbe. La normalisation des relations entre Belgrade et Pristina reste essentielle pour les ambitions déclarées des deux pays d’adhérer à l’Union européenne.








