Vingt et un ans après la dernière victoire de Giancarlo Fisichella, Kimi Antonelli a « ramené l’Italie au sommet ». Dimanche 15 mars, le jeune pilote Mercedes a signé la première victoire de sa jeune carrière en montant sur la plus haute marche du podium du Grand Prix de Chine, devant son coéquipier George Russell. Un deuxième doublé en autant de courses pour l’écurie allemande, mais avec cette fois des positions inversées, Russell s’étant imposé en Australie le week-end précédent.
Emu lors des premières notes de l’hymne Fratelli d’Italia, Kimi Antonelli l’était encore plus quelques instants plus tôt au moment de donner ses premières impressions au micro de l’organisation. « Je suis sans mots, à deux doigts de pleurer, a expliqué l’Italien avant que de chaudes larmes roulent sur ses joues. Merci à mon équipe, car ils m’ont permis d’accomplir ce rêve. Je suis super heureux. »
Dans la voiture aussi, l’Italien a dû gérer ses émotions. « Je me suis presque créé une crise cardiaque à la fin, mais c’était une bonne course », a relaté Antonelli. Précis et régulier, le natif de Bologne a patiemment construit sa victoire au fil des 56 tours, lui qui avait l’avantage de s’élancer depuis la première place sur la grille. Un honneur en forme de record : à 19 ans, l’Italien était devenu la veille le plus jeune pilote à signer une pole position. Il savait qu’il s’agirait dans tous les cas de son seul record de précocité, Max Verstappen ayant remporté son premier Grand Prix à 18 ans en 2016.
Derrière les flèches d’argent, la hiérarchie semble assez clairement établie dans ce paddock remodelé par un nouveau règlement ayant rebattu toutes les cartes. Un ton en dessous, les Ferrari sont pour l’instant les seules autres monoplaces à parvenir à lutter un temps pour la victoire. Notamment aux démarrages. Parti troisième, Lewis Hamilton a pris la tête de la course dès l’extinction des feux, avant de doubler de nouveau temporairement George Russell au 14e tour, lorsque la voiture de sécurité entrée en piste à la suite d’un problème technique de Lance Stroll (Aston Martin) est rentrée au garage.
Des soucis pour Verstappen et les McLaren
Au fil des tours, Lewis Hamilton et Charles Leclerc ont dû se rendre à l’évidence et laisser filer les Mercedes. Mais restait la troisième place du podium à aller chercher entre deux pilotes sur des rythmes similaires et guère sous pression du reste de la concurrence. Au terme d’un jeu de chassé-croisé, le septuple champion du monde Hamilton a profité d’un blocage de roue de son coéquipier dans un virage pour le doubler à vingt tours de l’arrivée et signer son premier podium pour la Scuderia, qu’il a rejoint l’an passé. « C’est assez amusant », a indiqué Charles Leclerc à la radio, ne semblant pas en vouloir à son équipier britannique pour cette escarmouche.
En grande difficulté en 2025, les écuries Alpine et Haas ont également prouvé en Chine qu’elles joueraient les places d’honneur en 2026. Le Français Pierre Gasly (Alpine) a ainsi pris une jolie sixième place au terme d’une course sans erreur, même s’il n’a pas réussi à trouver l’ouverture sur le Britannique Oliver Bearman (Haas). Plus tôt dans la course, le duel entre Franco Colapinto (Alpine) et Esteban Ocon (Hass) avait été plus âpre, se terminant même par un accrochage entre les deux pilotes. « C’est de ma faute » a immédiatement reconnu le Français – geste rare en formule 1 –, qui a écopé de dix secondes de pénalités et terminé 14e.
Lui pourra au moins se satisfaire d’avoir vu la ligne d’arrivée. Sept autres pilotes n’ont pas eu cette chance, à l’image des McLaren qui ne se sont même pas approchés de celle de départ. Champion du monde en titre, Lando Norris n’a pas pu démarrer à cause d’un problème de son moteur, tout comme Oscar Piastri, lui aussi victime des caprices de sa monoplace. Si Max Verstappen a, lui, pu s’élancer, le week-end qu’il qualifiait déjà de « désastre » avant la course ne s’est pas arrangé dimanche. A dix tours de l’arrivée, le Néerlendais a en effet subi un problème technique l’obligeant à abandonner. Malgré une grosse erreur en début de course, son coéquipier Isack Hadjar a de son côté terminé huitième.










